Scroll to Top

Burundi:Mbonankira Charles, un agriculteur éleveur prêt à inspirer les autres

By Julien Barinzigo / Published on Sunday, 24 Dec 2017 13:23 PM / /
L’agriculteur éleveur Mbonankira Charles

Monsieur Mbonankira Charles est un agriculteur éleveur pas comme les autres dans sa province natale. Monsieur Charles Mbonankira dit avoir déjà investi plus de 500 millions de francs burundais, engagé 182 ouvriers dont le salaire mensuel varie entre trois et quatre millions de francs burundais par moi, une population majoritairement faite de jeunes et des batwa travaillant sur des étendues éparpillées de 300 ha se situant sur plusieurs collines et communes de deux provinces, Ngozi et Kayanza.

En Province et Commune Ngozi, sur la colline Mirango, Zone Mivo, l’agriculteur éleveur Mbonankira Charles va jusqu’à encadrer la population faite de jeunes et des femmes batwa d’alentours. Ainsi, une étendue de 12 ha est exploitée. Ceux qui ont compris le projet de travailler ensemble acceptent d’être payés les trois jours sur cinq de travail. En revanche, Mbonankira leur donne des espaces à cultiver. Ceux qui ont cultivé récoltent et ne donnent rien à Charles.

Nsengiyumva Rose, 35 ans, habitant de la colline Nyanza et qui a travaillé avec Mbonankira Charles pendant 3 ans témoigne :

’’Le dévouement  au travail de Charles et la qualité de ses produits  ne peuvent  ne pas séduire quelqu’un qui a longtemps hésité de considérer l’agriculture et l’élevage comme source de revenus. C’est grâce au projet monté par lui que mes trois enfants échappent à la famine que connaissent mes voisins, heureusement qu’ils commencent à nous rejoindre’’.

Dans la vallée de Mirango de la même colline, des champs de maïs et de pomme de terre dite Kijumbu sur 70 ares qui méritent admiration attirent des jeunes chômeurs, lauréats des écoles secondaires et universités, qui finissent par s’engager à épouser les techniques de Mbonankira Charles, un agriculteur qui n’a jamais foulé le pied à l’école. Au tour des champs centrés par un hangar gère par un agronome, Charles du fumier naturel à base des herbes granées ici et là dans les champs.

L’agriculteur éleveur Mbonankira Charles a déjà acquis une expérience aussi poussée en ce qui est de l’agriculture et l’élevage. Au sujet de renforcement de capacités, le Gouvernement du Burundi l’a envoyé au Gabon pour rencontrer d’autres agriculteurs de grande envergure. Deux fois, il a été en Israël sous ses propres moyens pour des fins de s’informer. En Turquie, Charles a participait dans deux réunion en , une d’Antaria et une autre à Usire sans oublier des rencontres avec les agro-éleveurs des pays de la communauté de l’Est à savoir le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya.

Ainsi, Monsieur Mbonankira Charles détient d’une solide expérience dans la multiplication semencière depuis bientôt 10ans. Il est pris pour agriculteur éleveur modèle au point de se voir apprécié le Président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza lors de sa visite des champs. Il vient d’être invité par une association américaine des agriculteurs pour ce 15 janvier 2018.

Orientés par un agronome,Itangishaka Guillaume, des dizaines d’ouvriers se rencontrent à un hangar où sont stockés de pommes de terre qui deviendront des semences certifiées par l’organisation ONESS. Ces semences sont achetées par des organisations non gouvernementales qui interviennent dans le secteur agricole ou des particuliers disposant des terrains à cultiver.

Monsieur Mbonankira Charles apprend aux jeunes femmes comment produire du fumier à partir des herbes trouvées sur les terrains à cultiver, 21 décembre, Colline Mirango Zone Mivo, Photo Julien

En province Kayanza, sur trois communes à savoir Kayanza, Muruta et Gatara, des activités qui durent 5 ans ont fait que certains ouvriers embauchés dans les champs d’une étendue de 35 ha montent leurs projets d’agriculture. C’est le cas d’Uwimana Madeleine qui est trésorière d’une coopérative mis en place par un réseau constitué d’agriculteurs organisés par Charles. La Coopérative CPSB dont il est question a son siège  dans la province de KAYANZA. Parmi les actionnaires de la coopérative se trouve un groupe de 52 étudiants qui sont dits déterminés pour la cause de l’agriculture. La contribution par individu ou groupe pris comme individu s’élève à 100.000fbu par an. Une fois mises ensemble, ces contributions en leur  totalité servent à l’installation d’un champ soit de pomme de terre soit de maïs.

Mbonankira affirme être prêt à produire 1200 tonnes une fois soutenu par se partenaires. Actuellement, il produit 600 tonnes de pommes de terre par saison en raison de 15 tonnes par ha. Une production de 4 tonnes par ha est une réalité dans toutes les vallées exploitées par Charles. Les quatre hangars construits grâce à l’appui des organisations internationales comme PAIOZA, CTB, EFAO et ISTC permettent à Charles de stocker des semences pour les donner gratuitement aux plus démunis et les vendre aux organisations et individus capables de les acheter.

Les trois vallées colline Nyanza de la Zone Mugomere, Mbonankira Charles exploite 56 ha lui prêtés par le gouvernement du Burundi pour une durée de 5 ans. La vallée Kaganga est occupée par une plantation moderne de riz, la vallée Kabizi une autre plantation moderne de riz et ses flancs des champs de pommes de terre dites tandis que la vallée Gatosho est jonchée de longues plantations de riz dont les semences sélectionnées sont achetées à l’Isabu. Un grand travail est réalisé par des gens d’alentours qui, grâce à la convention leur liant avec  l’exploitant travaillent 5 jours par semaine et sont salariés uniquement pour les 3 jours. A 12h, tous les travailleurs se rassemblent autour de l’agronome Hacimana Joseph qui leur salarie en raison de 1000fbu par jour.

Au Gouvernement et tout autre bailleur, l’agriculteur de Kayanza demande de le soutenir mais ne souhaite pas directement des dons. ’’Avec ce j’appelle capital de plus de 500 millions de francs burundais, je demande un milliard de francs burundais remboursables à moyen terme et à un taux raisonnable pour redynamiser mes activités et je crois que c’est faisable comme c’est le cas dans d’autres pays que j’ai déjà visité comme l’Egypte,Gabon,Turquie ,Ouganda et l’Israël’’, a affirmé Charles.

L’agriculteur éleveur Mbonankira Charlesn colline Mirango de la zoner Mivo, 21 décembre, photo Julien

Au sujet de l’élevage, Monsieur Mbonankira Charles élève 15 vaches,18 porc et 12 chèvres de type croisé. Une vache donne 10 litres de lait pat jour.

Charles trouve qu’au Burundi, les agriculteurs comme les éleveurs  ne sont pas réellement soutenus au même degré que ceux qui opèrent dans d’autres secteurs de la vie du pays. Il demande aux journalistes d’être plus des porte-paroles des agriculteurs burundais car selon lui ces derniers nombreux et font vivre le reste de la population.

 

4,483 total views, 0 views today

Add Comment