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Le sens du mot umushingantahe selon l’Abbé Ntabona

By Julien Barinzigo / Published on Saturday, 20 Jan 2018 08:12 AM / /
Abbé Adrien Ntabona, Salle Bwenge Nyabwo, samedi le 20 janvier 2018,Photo B.Julien

Nous avons combattu l’usage inflationniste du mot umushingantahe sans réussir et je conseille personnellement à mes amis bashingantahe d’abandonner ce combat linguistique  car le langage est difficile à combattre, a lancé l’Abbé Adrien Ntabona devant une vingtaine de bashingantahe venus suivre son enseignement ce samedi 20 janvier dans la salle Bwenge Nyabwo.

Certains participants, des bashingantahe et une consacrée de la famille Seguimi, suis-moi

L’ancien Professeur avait promis à ses interlocuteurs de consacrer trois mois à parler le concept d’ubushingantahe. Ces derniers devraient comprendre que savoir c’est savoir qu’on doit savoir davantage au point de rester suspendus aux lèvres ce prêtre en retraite.

La traduction récente a banalisé le mot umushingantahe et nous en sommes malheureux. Tantôt c’est un magistrat traditionnel tantôt c’est un notable, un homme important quelque part un conseiller, a regretté le locataire de la maison Magiriranire.

Pour lui, dans la tradition burundaise, il y avait trois étapes pour  régler une parable. D’abord la rencontre individuelle, ensuite on envoyait une personne “gutuma umushingantahe” et on passait au procès si la médiation échouait.

Aujourd’hui, les bashingantahe sont les assesseurs dans les tribunaux et par extension, umushingantahe est un homme expérimenté et âgé. C’est ici où la banalisation commence pour dire que umushingantahe est un homme masculin tout cours .On va jusqu’à dire umushingantahe kanaka  tumusanga yiba, parlant d’un bandit. Un enfant, kabaye agashingantahe, c’est pas mal, a expliqué ce consacre.

L’Abbé Ntabona se demande pourquoi cet usage inflationniste, cette dérive sémantique et trouve deux causes .Une est que les bashingantahe sont toujours sur terrain entrain de trancher les parables et une autre est l’histoire qui a approfondi cet usage.

Pour des raisons florikroliques pendant le reigne de Micombero les bashingantahe ont été investis comme une institution publique. Le Président Bagaza a supprimé le rite d’ukwatigwa mais ça a continué en clandestinité.

Parlant de la décomposition du mot umushingantahe, le religieux a souligné le rôle du radical-shing comme celui du –gab dans umugabo qu’il nuancera à la fin avec le sujet du jour. -Shing devenu le label du groupe whats app des banshingantahe de Mutanga sous la direction de Habonimana Balthazar, il a l’idée de planter selon l’auteur et fixer selon l’ancien pilote Nkusi.

De planter, de fixer viendra l’ambivalence du bateau, non du bateau mais de la baguette de jugement baptisé par l’ex curé le sceptre de l’équité utilisé par les bashingantahe en frappant le sol quand ils communiquent, quant ils fixent les idées les décisions à en croire les propos du Colonnel Nkusi.

En frappant le sol, les bashingantahe symbolisent le recours la sagesse leur venue des ancêtres en considérant le mythe de Ngoma ya Sacega, fondateur par excellence de l’institution d’ubushingantahe. C’est Ngoma ya Sacega qui a donné le devoir de frapper le sol en utilisant mythologiquement pour une correspondance. Si c’était la métaphore, elle serait la ressemblance. De ces deux figures de styles, on se souviendra l’effet pour la cause, le signifiant pour le signifié et l’abstrait pour le concret.

Intahe entre dans cette logique, nyakugira inkoni, nyakugira inkuyo, nyakugira ingovyi. Intahe provenant de gutaha, il vient renforcer l’idée ibintu bitahe aho bibwirizwa gutaha suivant le proverbe latin Res clamat domino, les choses courent derrière leur maître. Intahe devient le droit, la justice. Il est finalement ukuri, ineza ya bose. Par là, ubushingantahe est le fonctionnement de l’éthique par excellence.

Pour l’Abbé Ntabona, ce qui est intéressant le mushingantahe est personaalité qui n’est pas nommée. C’est au finish, une personne responsable du bien commun, de la vérité et de l’équité.

Ubushingantahe est une façon d’être, une qualité de vie, état de vie et non jamais une fonction.

Pour l’Abbé Ntabona Adrien, entre umushingantahe et umugabo il y a une synonymie qui cache une certaine différence. Dans umugabo, il ya l’idée de puissance et l’avoir tandis que dans umushingantahe il y a la responsabilité de bien commun, de la  vérité et de l’équité. Tous les bagabo ne sont pas nécessairement abashingantahe mais les bashingantahe devraient être abagabo.

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