Scroll to Top

Déterminée à combattre la corruption, la jeunesse burundaise a célébré  la Libération de  l’Afrique 

By Julien Barinzigo / Published on Sunday, 27 May 2018 06:38 AM / /
Les activistes réunis au Jardin Public de Bujumbura pour célébrer la Libération de l’Afrique, Vendredi le 25 mai 2018

Après 55 ans du « soleil des indépendances » en Afrique, les jeunes africains épris de paix, justice et dignité se demandent encore si ce continent  est  réellement indépendant.

Mr Appolinaire Nishirimbere, activiste en justice fiscale et environnementale

Ce 25 mai 2018, plus de 100 jeunes regroupés dans le mouvement de jeunes volontaires encadrés par l’organisation non gouvernementale Action Aid Burundi « Actvista » s’étaient rassemblés au Jardin public de Bujumbura pour célébrer la Journée de l’Afrique en solidarité aux autres africains regroupés dans le mouvement « Les africains se lèvent » pour la paix, la dignité et la justice.

Selon Appolinaire Nishirimbere l’un des jeunes leaders en justice fiscale présent à cet événement,  ce jour célèbre tout simplement la commémoration de la création de l’Organisation de l’Union africaine (OUA), le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie, sous le parrainage du négus Haïlé Sélassié. À l’époque, l’organisation panafricaine naissante avait pour objectif de réunir les 32 Etats qui venaient d’accéder à l’indépendance. Mais aussi d’aider les peuples qui n’étaient pas encore libres à se défaire du joug colonial.

Madame Ishimwe Ninette, membre du mouvement Activista et présente à la célébration de la Journée de la Libération de l’Afrique

Commentant le thème retenu par l’Union Africaine ’’Combattre la corruption’’, l’activiste Appolinaire   a partagé aux jeunes la notion de  « Libération de l’Afrique face aux Flux Financiers Illicites et la  Corruption ‘’. Ce qui lui a permis de rappeler  que  l’Afrique a saigné et continue à saigner et que le malheur d’un enfant africain est qu’il nait endetté. Il a invité son auditoire à se lever comme un seul homme pour arrêter cette hémorragie.

Mr André Ndereyimana, Conseiller technique chargé des politiques et plaidoyer, recherche et communication,Action Aid Burundi

Cet avis est partagé avec Madame Ishimwe Ninette (activiste) qui, en reliant le thème du jour et  l’impact de la corruption et les flux financiers illicites dans la vie de la femme africaine a fustigé qu’en Afrique la femme n’a pas sa juste valeur et se voit discriminée et pire encore,la femme africaine est quelque fois rendue esclave sexuelle. Elle a  demandé au Gouvernement du Burundi  d’éradiquer avec plus d’efforts la corruption et aux organisations non gouvernementales  de sensibiliser le peuple et de continuer le  plaidoyer pour la juste fiscale et économique et à combattre les injustices liées au genre.

Quant à  André Ndereyimana, Conseiller technique chargé des politiques et plaidoyer, recherche et communication, au sein de l’Action Aid Burundi , ce rassemblement visait la célébration de la fête de la libération de l’Afrique et partant, la célébration de l’indépendance de l’Afrique avec les jeunes pour les réveiller afin  qu’ils puissent être conscientisés sur les pertes financières qu’enregistre l’Afrique annuellement. « Les jeunes doivent être réveillés pour contribuer à  stopper l’hémorragie financière de l’Afrique », a-t-il ajouté.

André Ndereyimana a, dans son exposé sur la naissance et l’historique de ce réveil, expliqué  que cette célébration coïncidait avec le second anniversaire du Mouvement panafricain de personnes et d’organisations, œuvrant pour la paix, la justice et la dignité « Les africains se lèvent » ou Africans Rising . « Nous sommes déterminés à promouvoir une solidarité à l’échelle de l’Afrique et l’unité de peuples d’Afrique pour construire un merveilleux avenir: droit à la paix. Ce jour est une journée pour marquer notre engagement à l’Africanisme, au panafricanisme au mouvement AfricansRising », a-t-il lancé à  cette jeunesse prête aux idéaux panafricanistes. Il a terminé en précisant que le rôle d’Action Aid est d’être un « facilitateur ou incubateur » pour ce mouvement qui veut l’indépendance.

Pour lui, la corruption  est une dégradation de la moralité citoyenne et ainsi il a  proposé de faire pression aux gouvernements enfin de rendre compte de leurs engagements.

Pour Appolinaire Nishirimbere, il y a une urgence pour arrêter cette hémorragie des ressources financières  où le continent perd plus de 70 milliards de dollars américains annuellement en flux financiers illicites ( corruption, évasion fiscale, fraude fiscale, blanchiment d’argent, criminalité financière etc.) , plus d’argent qu’elle reçoit en aides étrangères selon le Rapport du Groupe de Haut Niveau appelé « Mbeki Report » publié et adopté en 2015 par les Chefs d’Etats et de Gouvernements africains. Ainsi, citant  Léonce Ndikumana et James K. Boyce dans leur livre « Africa’s Odious Debts , How Foreign Aid and Capital Flight Bled a Continent » ou Dette Odieuse de l’Afrique : Comment les dettes étrangères et la fuite des capitaux font saigner un continent, il a souligné que l’Afrique est un « créancier net » du reste du monde à cause d’un système financier international en proie aux incitations perverses ; aux dettes qui ne touchent jamais le sol africain. Par conséquent, cette fuite des capitaux impose des coûts humains lourds aux Africains, particulièrement aux femmes aux enfants. « La malchance d’un enfant africain : endetté avant de naitre », a-t-il renchéri.

Après plusieurs propositions et recommandations pour endiguer ce phénomène, Appolinaire Nishirimbere pose un pari pour réussir à  arrêter cette hémorragie continentale : les synergies fortes entre le plaidoyer, la recherche et le leadership politique.

En appuyant les jeunes burundais, l’Action Aid Burundi met en application l’engagement  pris par la Directrice Pays de cette organisation, Madame Béata Musabyemariya  lors d’un atelier de réflexion sur le panafricanisme qu’elle avait co-organisé  le  26 juillet 2017 : ‘’Il faut qu’il y ait des ” change agents” au Burundi pour que le panafricanisme puisse s’enraciner au moment où ce terme semble être nouveau ici chez nous”, avait -t- elle martelé devant une salle remplie de panafricanistes faits de jeunes universitaires, des politiciens, des membres de la société civile, les responsables des confessions religieuses et des professeurs des universités sans oublier des consultant en matière de droits humains.

19,147 total views, 0 views today

Tagged as:

Add Comment