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Burundi : protéger les cultures vivrières face aux palmiers à huile

Des députés recommandent la conduite de recherches approfondies sur la culture des palmiers à huile, afin d’éviter qu’elle ne se fasse au détriment des cultures vivrières. Cette préoccupation a été soulevée par les élus du peuple lors de la séance au cours de laquelle la ministre en charge de l’Agriculture était invitée à l’Assemblée nationale, jeudi de la semaine écoulée. Ils ont expliqué que cette situation pourrait entraîner des conséquences négatives pour la population. La ministre, Calinie Mbarushimana, a reconnu que des études sur cette culture sont toujours en cours. Elle a néanmoins souligné que la plantation des palmiers à huile se fait généralement à la demande des agriculteurs.

Le président de l’Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, a été l’un des députés à soulever des inquiétudes concernant la culture des palmiers à huile et son impact sur les cultures vivrières. Selon lui, cette plante possède une particularité : elle ne peut pas être cultivée en association avec d’autres cultures alimentaires, ce qui pourrait entraîner leur disparition dans certaines zones. « Même si nous cultivons les palmiers à huile, ils ont une certaine particularité : ils ne se cultivent pas avec des plantes vivrières. J’ai entendu dire ici à Bujumbura que certains pensent qu’on devrait arrêter la plantation de cette culture, car là où elle est implantée, aucun autre produit ne pousse, ce qui pourrait créer des difficultés pour la population. Au sein du ministère, il faut s’en occuper », a-t-il souligné.

Face à ce constat, le député Jean-Claude Badugaritse plaide pour l’instauration d’un cadre légal clair, qui permettrait de définir les zones adaptées à la culture des palmiers à huile et celles réservées aux cultures vivrières. « Là où l’on produit efficacement le maïs et le haricot, on observe le semis à grande échelle des plants de palmiers à huile. Nous savons qu’aucune culture vivrière ne pousse à côté. Il est donc nécessaire qu’un cadre légal soit mis en place pour déterminer où l’on peut cultiver les palmiers à huile », a-t-il déclaré.

La ministre de l’Agriculture, Calinié Mbarushimana, a quant à elle indiqué que des recherches sur ce sujet sont toujours en cours. Elle précise toutefois que la plantation des palmiers à huile se fait généralement sur demande des agriculteurs. « Si je ne me trompe pas, au moment où l’OHP s’entretient avec la population, ils analysent d’abord les zones et concluent qu’il s’agit des habitants de telles régions. Mais c’est finalement aux agriculteurs de décider s’ils souhaitent cultiver ces palmiers ou non », a-t-elle expliqué.

Initialement concentrées dans la plaine de Rumonge et Nyanza, les palmeraies ont vu leur implantation s’étendre récemment à l’Est, dans la localité de Ruyigi, et au Nord, dans la localité de Kirundo.

 

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