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Quand l’accès à la carte nationale d’identité pose problème après la réforme territorial

Des habitants de la commune de Ntahangwa en province de Bujumbura dénoncent les difficultés persistantes d’accès à la carte nationale d’identité depuis la mise en œuvre du nouveau découpage territorial. Ces préoccupations, soulevées par des citoyens et relayées par des députés lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale du 15 janvier 2026, mettent en cause la centralisation des services, le manque d’équipements dans les bureaux zonaux et les lenteurs administratives, poussant le gouvernement à promettre des mesures correctives.

Certains demandeurs de la carte nationale d’identité dans cette commune se lamentent face aux difficultés qu’ils rencontrent depuis la nouvelle délimitation territoriale. Ils indiquent qu’ils éprouvent des problèmes pour obtenir de la carte nationale d’identité, du fait qu’ils se sont retrouvés rattachés à d’autres entités administratives. Ces citoyens affirment ne plus savoir à quel service s’adresser.

« Après la réduction du nombre de provinces, les procédures ont changé. Les cartes nationales d’identité doivent être remplacées, mais nous éprouvons toujours des difficultés à obtenir de l’aide. Certains se retrouvent dans une situation de totale perturbation », témoignent-ils.

Alors que des réformes administratives sont toujours en cours dans le pays, ces habitants plaident pour une décentralisation effective des services publics afin de faciliter l’octroi de la carte nationale d’identité dans des délais raisonnables.

« A travers le pays, on observe des changements. Qu’on revienne à la décentralisation comme avant, car avant le découpage administratif, nous ne souffrions pas autant », ajoutent-ils.

L’administration communale de Ntahangwa reconnaît les difficultés rencontrées par ses administrés dans ce processus. L’administrateur communal, Alexis Havyarimana, indique que des mesures ont été prises afin de surmonter ces défis.

À l’Assemblée nationale, des élus dénoncent un échec administratif

La carte nationale d’identité, l’un des documents les plus recherchés par la population, est délivrée à toute personne âgée d’au moins 16 ans, au chef-lieu des zones, conformément à la loi régissant les communes du pays.

Lors d’une séance plénière tenue à l’Assemblée nationale le 15 janvier 2026, plusieurs intervenants ont dénoncé le fait que les droits de la population soient bafoués lorsque des demandeurs de documents administratifs manquent des rendez-vous fixés, alors même que leurs dossiers sont en règle. Consterné par la situation, le député Olivier Suguru a qualifié cela d’échec administratif, expliquant que le circuit actuel ne facilite pas l’accès des citoyens aux services publics.

« Il est incompréhensible de voir un demandeur de la carte nationale d’identité sommé de revenir un autre jour, alors que le document se trouve encore au niveau de la commune pour signature. Les zones n’ont pas les moyens de les acheminer jusque-là. C’est un circuit trop long, et les demandeurs finissent par être découragés », a-t-il souligné.

Son collègue Emmanuel Ndorimana a, pour sa part, proposé la mise en place d’une carte nationale d’identité unique, à l’instar de ce qui se fait dans les pays développés, intégrant toutes les données à caractère personnel. Selon lui, cette initiative permettrait d’accompagner la marche du Burundi vers l’émergence et de mettre fin à la culture excessive du papier.

« Il est vrai que nous aspirons à l’émergence du Burundi, mais nous risquons de ne pas y parvenir tant que nous continuons à utiliser des cartes d’identité en carton. Ailleurs, on a mis en place une carte unique contenant toutes les données personnelles. Pourquoi pas nous aujourd’hui ? », s’est-il interrogé.

Le gouvernement promet des solutions, sans calendrier précis

Réagissant à ces préoccupations, le ministre ayant l’administration du territoire dans ses attributions, invité du jour, n’a pas nié l’existence de ces difficultés. Léonidas Ndaruzaniye les a expliquées par le manque de matériel et d’équipements dans les bureaux zonaux, tout en rassurant que le gouvernement s’attelle actuellement à y remédier.

« Les bureaux zonaux ont vu leur effectif augmenter, alors que le matériel dont disposaient les anciennes communes ne pouvait pas répondre à la demande dans les zones nouvellement créées. Nous sommes en train d’accélérer leur équipement », a-t-il précisé.

Le découpage administratif récemment opéré au Burundi figure parmi les facteurs ayant motivé la révision de la loi des finances pour l’exercice 2025-2026, adoptée en Conseil des ministres le 15 décembre dernier. Le budget alloué à l’aménagement de plus de 300 bureaux zonaux à l’échelle nationale, désormais chargés de délivrer les documents administratifs, est estimé à 220 millions de francs burundais, selon les projections officielles.

Le gouvernement burundais promet, sans toutefois donner de calendrier précis, de faire de l’équipement des bureaux zonaux une priorité parmi ses réalisations phares pour l’année budgétaire en cours.

 

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