Un mois et demi après la fermeture du poste-frontière Gatumba–Kavimvira, les activités de transport sont presque paralysées dans cette zone frontalière du Burundi. Motos-taxis à l’arrêt, reconversions forcées et précarité croissante : la population subit de plein fouet les conséquences économiques de cette fermeture.
Un mois et demi après la fermeture du poste-frontière de Gatumba–Kavimvira, reliant le Burundi à la République démocratique du Congo (RDC), les conséquences socio-économiques se font lourdement sentir dans cette zone frontalière. Du côté burundais, la vie quotidienne est profondément bouleversée, notamment pour les acteurs du transport.
À l’entrée de la zone de Gatumba, le constat est frappant : aucune moto-taxi en circulation, ni même à la gare communément appelée Cinquantenaire. Un silence inhabituel règne dans un secteur autrefois animé par les va-et-vient incessants des conducteurs reliant Gatumba à la frontière congolaise.
Les conducteurs de motos-taxis rencontrés sur place expliquent avoir tout simplement rangé leurs engins. Leur activité, autrefois florissante grâce aux échanges transfrontaliers, n’existe plus depuis la fermeture de la frontière, intervenue à la suite de la prise de la ville d’Uvira, à l’est de la RDC, par les combattants du mouvement rebelle AFC/M23.
Désormais, ces conducteurs ne peuvent circuler que jusqu’à un point appelé Ruhagarika. Au-delà, le transport se fait uniquement à vélo, pour un tarif de cinq cents francs burundais. Une situation jugée non rentable par les motocyclistes, surtout dans un contexte de flambée des prix du carburant.
Face à cette paralysie, certains anciens conducteurs de motos-taxis ont été contraints de se reconvertir en vélo-taxis pour subvenir à leurs besoins. D’autres cherchent des activités alternatives, souvent informelles et peu rémunératrices, tandis qu’une partie reste sans emploi, dans l’attente d’une éventuelle réouverture de la frontière.
Les transporteurs de personnes et de marchandises utilisant le vélo, toujours actifs à Gatumba, confient eux aussi vivre une situation difficile. Bien qu’ils continuent à exercer leur métier, ils évoquent une baisse significative des revenus et une détérioration des conditions de vie.
Toutes les personnes interrogées, qu’il s’agisse de transporteurs de biens ou de passagers, lancent un appel pressant aux autorités burundaises pour la réouverture de la frontière de Gatumba. Selon elles, seule la reprise des échanges transfrontaliers permettra à la vie économique locale de retrouver son cours normal.
Le 2 janvier dernier, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, avait annoncé que la frontière de Gatumba serait rouverte en même temps que celle avec le Rwanda, également fermée. Toutefois, aucune date précise n’a encore été communiquée.
De son côté, le mouvement rebelle AFC/M23 a déclaré s’être retiré de la ville d’Uvira depuis le 16 janvier. L’armée congolaise s’y est ensuite redéployée à partir du 19 janvier, une évolution sécuritaire qui ravive l’espoir d’une réouverture prochaine du poste-frontière.























