À Rwibaga, dans la province Bujumbura, les théiculteurs dénoncent un prix trop bas pour leurs feuilles de thé verte, fixé à 500 francs par kilo par l’État. Incapables de rémunérer correctement leurs ouvriers, ils voient leur production diminuer et craignent pour la survie de leurs plantations, malgré les promesses de soutien des autorités.
Des théiculteurs de la commune Rwibaga, dans la province Bujumbura, se disent profondément insatisfaits du prix de 500 francs par kilo de feuille de thé verte fixé par l’État burundais. « Avec ce montant, nous n’arrivons même pas à payer nos ouvriers pour une journée de travail, explique l’un d’eux, la mine soucieuse. Résultat, la production baisse et nous perdons tous, producteurs comme pays. » L’administration de la commune Rwibaga confirme que ce problème a été signalé à plusieurs reprises aux autorités compétentes, mais qu’une solution tarde à venir.
Actuellement, les théiculteurs reçoivent 500 francs burundais par kilogramme de feuille, un prix qu’ils jugent insuffisant. « Pour que notre travail soit viable, un kilo devrait coûter au moins 1000 francs, sinon nous ne pouvons rien payer, même pas nos journaliers à 8000 francs par jour », confie une productrice, le regard fixé sur ses champs. Même une légère augmentation serait un soulagement.
Avec cette rémunération trop faible, les ouvriers chargés de la récolte ne peuvent plus être payés. Les feuilles restent alors sur les plants, se détériorent, et la production nationale chute. « Avant, nous pouvions embaucher cinq journaliers deux jours par semaine pour nos champs de l’OTB, raconte un autre producteur. Aujourd’hui, nous devons tout faire seuls. Certaines feuilles pourrissent dans les champs, et la qualité en pâtit. » Si toutes les feuilles étaient récoltées, la production au sein de l’OTB serait abondante, et les pertes, limitées.
Cette situation pèse lourdement sur les théiculteurs, qui se sentent découragés. Plusieurs ont déjà envisagé d’abandonner l’entretien de leurs plantations, un constat confirmé par les autorités communales.
Cyriaque Nusure, conseiller de l’administrateur communal chargé des questions politiques, reconnaît le problème : « Il y a eu un relâchement dans l’entretien des champs, mais nous essayons de sensibiliser les producteurs, en collaboration avec l’OTB. Ceux qui ne s’en occupent plus sont invités à laisser les champs à ceux qui veulent les cultiver. »
Les producteurs dénoncent un prix dérisoire et espèrent une révision. L’OTB a été alertée et une augmentation du prix a été discutée, tandis que la question a également été portée au sénateur en décembre, ce qui a permis une légère majoration pour encourager les théiculteurs.
À titre de comparaison, dans les pays voisins comme le Rwanda, un kilogramme de feuilles de thé s’achète à environ 200 francs burundais. Au Burundi, le gouvernement a progressivement augmenté le prix, passant de 250 francs en 2021 à 500 francs aujourd’hui, mais les producteurs estiment que ce n’est toujours pas suffisant pour vivre dignement de leur travail.

























