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Burundi : entre espoir et risques, de plus en plus de jeunes tentent leur chance à l’étranger

Pour de nombreux jeunes Burundais, partir travailler à l’étranger est devenu un rêve. Espoir d’un avenir meilleur, soutien aux familles restées au pays, mais aussi parfois désillusion. Face à ce phénomène croissant, le gouvernement dit suivre de près la situation des travailleurs migrants.

Au Burundi, ils sont nombreux ces jeunes qui regardent désormais au-delà des frontières pour imaginer leur avenir. Dans plusieurs quartiers de Bujumbura ou dans les collines de l’intérieur du pays, les conversations tournent souvent autour des opportunités de travail en Europe, en Asie ou au Moyen-Orient.

Certains ont déjà tenté l’aventure. D’autres économisent pendant des mois pour payer les démarches nécessaires. Tous partagent un même espoir : trouver un emploi capable de changer leur vie et celle de leurs familles.

C’est dans ce contexte que le ministre des Affaires étrangères, , a indiqué que le gouvernement suit avec une attention particulière la situation des travailleurs migrants burundais à l’étranger.

Il s’exprimait vendredi 13 mars 2026 lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère.

Entre opportunités et dangers

Selon le ministre, la migration de travail représente aujourd’hui une opportunité réelle pour les jeunes Burundais, notamment en matière d’emploi et de transfert de compétences.

Mais cette quête d’un avenir meilleur peut aussi exposer les migrants à de nombreux dangers.

« Le secteur de la migration de travail est devenu un champ d’opportunités, mais aussi d’abus et de spéculations », a-t-il reconnu.

Certaines agences de recrutement promettent des emplois bien rémunérés à l’étranger, mais toutes ne sont pas reconnues par les autorités. Pour éviter les arnaques et les situations d’exploitation, le gouvernement a autorisé certaines agences privées à organiser ces départs.

Cependant, insiste : ces agences doivent impérativement être en règle avec la loi.

« Les agences qui recrutent sans être enregistrées exposent les travailleurs migrants à des situations difficiles », a-t-il averti.

Le rêve européen qui pousse certains à prendre des risques

Parmi les exemples évoqués par le ministre figure celui de jeunes Burundais partis travailler en Serbie.

Selon lui, certains auraient jeté leurs passeports dans les poubelles dans l’espoir de rejoindre clandestinement l’Europe occidentale.

Un geste qui témoigne à la fois du désespoir et du rêve d’une vie meilleure, mais qui complique aussi la situation des migrants.

Sans documents, ces travailleurs deviennent particulièrement vulnérables et les autorités burundaises ont plus de difficultés à leur porter assistance.

Le ministre appelle donc les jeunes Burundais à privilégier les voies légales de migration, afin que le gouvernement puisse les accompagner en cas de problème.

Des discussions avec plusieurs pays

Pour offrir davantage d’opportunités légales aux travailleurs burundais, le gouvernement affirme renforcer ses discussions avec plusieurs partenaires internationaux.

Des échanges sont en cours avec l’Italie pour explorer les possibilités de coopération en matière de migration de travail. Des accords existent également avec la Corée du Sud pour le recrutement légal de travailleurs burundais.

Ces initiatives s’inscrivent dans la vision nationale visant à faire du Burundi un pays émergent en 2040 et développé en 2060.

Environ 1 000 Burundais détenus en Tanzanie

Le ministre a également évoqué la situation d’environ 1 000 travailleurs burundais actuellement incarcérés en .

Selon lui, ces personnes ne sont pas des criminels mais des migrants qui ont changé la province de destination ou dont les documents de voyage ne sont plus valides.

Les autorités burundaises sont actuellement en discussion avec leurs homologues tanzaniennes afin d’obtenir leur libération.

Les migrants qui souhaitent rester dans ce pays devront toutefois introduire une demande officielle.

« Suivre les procédures pour éviter les drames »

Face à l’augmentation des départs, appelle les jeunes Burundais à la prudence.

Selon lui, une migration organisée, transparente et respectueuse des procédures est la seule voie capable de protéger les travailleurs migrants et d’éviter les drames.

Car derrière chaque départ se cache souvent l’histoire d’un jeune qui espère simplement construire une vie meilleure.

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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