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Burundi : face au choléra, le gouvernement durcit les sanctions sanitaires

Confronté à une recrudescence des cas de choléra, le gouvernement burundais renforce les mesures d’hygiène publique pour endiguer l’épidémie. Une ordonnance conjointe récemment adoptée prévoit des amendes pour les ménages et acteurs ne respectant pas les normes d’assainissement. Cette initiative intervient alors que certaines zones de Bujumbura continuent de présenter des pratiques à risque, favorisant la propagation de la maladie. Les autorités appellent à une mobilisation générale et annoncent un renforcement des contrôles et de l’application des sanctions dès le mois d’avril.

Face à la recrudescence des cas de choléra, le gouvernement burundais renforce son dispositif de lutte en misant sur la responsabilisation des citoyens et de l’administration. La ministre de la Santé publique, Lydwine Baradahana, a annoncé l’entrée en vigueur imminente de sanctions contre les manquements aux mesures d’hygiène et d’assainissement.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une ordonnance conjointe signée le 18 février 2026 par les ministères en charge de la Santé, de l’Intérieur et des Finances. Elle vise à infliger des amendes aux contrevenants afin de renforcer l’application des règles d’hygiène publique.

Selon le ministre, cette décision fait suite à un constat préoccupant : malgré les investissements importants dans la gestion des épidémies, notamment celles liées à l’insalubrité des ménages, les résultats restent insuffisants. « Nous avons remarqué que certains acteurs ne se sentent pas concernés, alors que la lutte contre les maladies passe d’abord par des comportements responsables », a-t-elle expliqué.

Lors du lancement officiel de la mesure, le 13 mars 2026 à Gitega, un délai de trois semaines a été accordé à la population pour se conformer aux exigences. Cette période devait permettre aux ménages d’améliorer la gestion des déchets, aux autorités locales de renforcer les systèmes de collecte, et aux communautés de s’impliquer dans les travaux d’assainissement.

Désormais, le cap est franchi. Les amendes entreront en application à partir du 6 avril 2026. « Les quittances sont déjà disponibles et l’administration est prête à passer à l’action », a précisé la ministre, insistant sur la nécessité d’un engagement collectif pour éviter que les efforts ne restent vains.

Une situation sanitaire préoccupante

Malgré cet ultimatum, les indicateurs restent alarmants, notamment en milieu urbain. À ce jour, 34 cas de choléra sont pris en charge dans deux centres de traitement, dont 18 nouveaux cas enregistrés en une seule journée.

La majorité de ces cas provient de la zone de Kinama, dans la commune de Ntahangwa, en Bujumbura. Les quartiers de Bubanza, Mucho et Bukirasazi sont particulièrement touchés.

Les enquêtes menées sur le terrain pointent du doigt des pratiques à risque, notamment des déversements d’eaux usées dans les canalisations et les rivières. Trois cours d’eau traversant la zone ont été identifiés comme vecteurs de contamination, transportant des déchets provenant notamment des quartiers de Winterekwa et de Gihosha.

Des pratiques à risque dans le viseur

Selon les autorités sanitaires, certains ménages procèdent à des branchements illégaux pour évacuer directement les eaux usées dans les canalisations, lesquelles finissent par contaminer les rivières environnantes. Ces eaux polluées favorisent la propagation du choléra vers d’autres quartiers, notamment Kinyankonge et Buterere.

Le ministre a indiqué que les services compétents disposent déjà d’une liste de ménages impliqués dans ces pratiques. Un avertissement leur a été adressé : en l’absence de mesures correctives, des sanctions sévères seront appliquées conformément à la réglementation en vigueur.

Tout en saluant le rôle des médias dans la sensibilisation, Lydwine Baradahana a lancé un appel à la responsabilité de tous. Il a rappelé que la lutte contre le choléra repose avant tout sur l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et sur l’implication effective des communautés.

« La santé publique est l’affaire de tous. Sans un changement réel de comportement, il sera difficile de venir à bout de cette maladie », a-t-il insisté.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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