La situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante, a affirmé le ministre burundais des Affaires étrangères, Eduard Bizimana. Malgré l’annonce du retrait du M23 d’Uvira, la persistance de groupes armés empêche la réouverture de la frontière et retarde le rapatriement des réfugiés congolais, dont les conditions de vie au Burundi restent difficiles.
La situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure préoccupante, a indiqué le ministre burundais des Affaires étrangères, Eduard Bizimana, lors d’une séance d’échange tenue ce jeudi 29 janvier 2026 avec les représentants diplomatiques accrédités au Burundi. Les discussions ont porté à la fois sur l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et sur les conditions de vie des réfugiés congolais actuellement accueillis au Burundi.
Selon le chef de la diplomatie burundaise, les combattants du M23 se trouvent toujours dans la ville d’Uvira, malgré l’annonce faite par ce mouvement de leur retrait de la localité le 16 janvier 2026. « La situation reste préoccupante », a-t-il insisté, précisant que ces combattants ont changé de stratégie. D’après ses explications, ils ne portent plus d’uniformes militaires et se dissimulent désormais en civils, ce qui complique davantage l’évaluation de la situation sécuritaire sur le terrain.
Le ministre Eduard Bizimana a également révélé que plusieurs groupes armés ont récemment tenté d’entrer sur le territoire burundais en passant par la rivière Rusizi. Il a cité notamment les rebelles du FNL de Nzabampema, des éléments de Red-Tabara, du M23, ainsi que des troupes rwandaises. « Ces groupes ont tenté de pénétrer au Burundi pour commettre des exactions, mais ils n’ont pas réussi », a-t-il assuré.
Face à cette situation, le ministre a indiqué que la frontière entre le Burundi et la RDC ne peut pas être rouverte pour le moment. « Elle sera rouverte lorsque les conditions sécuritaires le permettront », a-t-il ajouté, soulignant que la priorité reste la sécurité des populations des deux pays.
Cette insécurité persistante a également des conséquences directes sur le dossier des réfugiés. Selon Eduard Bizimana, les réfugiés congolais actuellement hébergés au Burundi ne peuvent pas, à ce stade, être rapatriés dans leur pays d’origine, en raison de l’instabilité qui prévaut dans l’est de la RDC.
Présent à cette rencontre, l’ambassadeur de la RDC au Burundi, Willy Mulumba Mabika, a exprimé la reconnaissance de son pays envers le Burundi. « La RDC remercie la République sœur du Burundi pour avoir accepté d’accueillir près de 250 000 réfugiés congolais sur son sol », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs affirmé que son pays reste disposé à travailler avec le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) dans un cadre tripartite, en vue de rapatriements volontaires lorsque les conditions sécuritaires seront réunies.
De son côté, la représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mkanga Eno, a dressé un tableau préoccupant des conditions de vie des réfugiés congolais, en particulier ceux du camp de Busuma, situé en commune Ruyigi, dans la province de Buhumuza. Elle a souligné les nombreuses difficultés auxquelles ces réfugiés sont confrontés. « Ils ont besoin de beaucoup de choses. Là où vit un grand nombre de personnes, il faut des installations sanitaires adéquates. Le besoin le plus urgent reste l’eau, qui est largement insuffisante », a-t-elle expliqué.
C’est dans ce contexte que le gouvernement burundais continue de solliciter l’appui de la communauté internationale, a indiqué le ministre Eduard Bizimana. Selon lui, environ 32 millions de dollars américains sont nécessaires pour assurer un accueil adéquat des réfugiés congolais, mais seulement près de 7 millions de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent. « L’appel lancé le 17 décembre 2025 a commencé à recevoir des réponses. Ce n’est pas facile, mais certains partenaires se sont engagés, notamment l’Union africaine », a-t-il précisé.
Selon les chiffres du HCR publiés ce 29 janvier 2026, le Burundi a accueilli au moins 101 000 réfugiés congolais depuis décembre 2024, en plus de dizaines de milliers de Burundais qui avaient trouvé refuge en RDC et sont rentrés au pays.
























