À la suite d’un communiqué du chef de zone de Ruziba interdisant le commerce ambulant, plusieurs vendeurs expriment leur inquiétude. Ils évoquent le manque de places au marché de Ruziba et redoutent des conséquences sociales pour les ménages à faibles revenus.
Le commerce ambulant des produits alimentaires et d’autres articles est désormais interdit dans la zone de Ruziba. La décision figure dans un communiqué signé par le chef de zone, Fabrice Hategekimana. L’autorité locale justifie cette mesure par des préoccupations liées à la santé publique et à la protection de l’environnement.
Dans ce document, il est précisé que certains produits, notamment les ndagala, les avocats, le manioc, les arachides, le maïs grillé, les mangues, les chapatis, les boulettes, les bananes mûres et les beignets, ne peuvent plus être vendus de manière ambulante. Les chaussures et les vêtements sont également concernés. Le communiqué indique que ces produits doivent être commercialisés dans des lieux appropriés et couverts. Des sanctions sont prévues contre toute personne qui enfreindra cette mesure.
Des commerçants sans alternative
Du côté des commerçants ambulants, la décision suscite incompréhension et inquiétude. Plusieurs affirment qu’il n’y a plus de places disponibles au marché de Lusiva. « Les emplacements sont tous occupés et ils sont chers. Nous n’avons nulle part où aller », expliquent-ils.
Selon eux, c’est précisément le manque d’espace au marché qui les a poussés à exercer le commerce ambulant. « Nous ne pouvons pas tous obtenir une place. Alors, pour nous qui n’en avons pas, où allons-nous ? Quel sera le sort de nos enfants ? » s’interrogent-ils.
Un risque social, selon les vendeurs
Ces commerçants estiment que cette interdiction pourrait aggraver la précarité des familles à faibles revenus. « On parle de développement du pays, mais comment y parvenir si on empêche les petits commerçants de travailler ? » questionnent-ils.
Ils redoutent également des conséquences sociales. « Les personnes aux faibles moyens vont en souffrir. C’est vraiment un problème. Certains pourraient être tentés de voler, d’autres de vendre leurs biens », préviennent-ils.
Une proposition alternative
Plutôt qu’une interdiction pure et simple, les vendeurs proposent une solution qu’ils jugent plus équilibrée : la mise en place d’un impôt annuel pour encadrer le commerce ambulant. « Qu’on fixe un montant à payer chaque année, par exemple 50 000 francs, et qu’on nous délivre un document justificatif à présenter en cas de contrôle », suggèrent-ils.
Pour ces commerçants, cette option permettrait de réguler l’activité tout en préservant leurs moyens de subsistance.























