Résilience après la fermeture de Gatumba, des femmes qui exerçaient des activités génératrices se sont lancées dans d’autres activités génératrices de revenue À environ un mois de la fermeture de la frontière de Gatumba, qui sépare le Burundi de la République démocratique du Congo (RDC), une situation ayant entraîné l’arrêt des activités commerciales transfrontalières exercées par de nombreuses personnes entre les deux pays, certaines femmes qui vivaient auparavant de ce commerce ont aujourd’hui décidé de se lancer dans d’autres activités génératrices de revenus à proximité de leur lieu de résidence, dans la zone de Gatumba, commune Ntahangwa, province de Bujumbura. L’objectif est de continuer à subvenir aux besoins de leurs familles, d’autant plus qu’elles ignorent quand cette frontière sera rouverte.
Ange Sinzinkayo, 43 ans et mère de deux enfants, fait partie de ces femmes qui exerçaient le petit commerce près de la frontière de Gatumba, ou en RDC, en passant par cette frontière aujourd’hui fermée. Aux environs de 11 heures, nous la trouvons en train de préparer des feuilles de manioc devant son petit restaurant dont la superficie est inférieure à trois mètres sur trois. À l’intérieur, trois ustensiles suffisent à préparer les plats qu’elle distribue ensuite à ses clients.
Elle affirme que la fermeture de cette frontière a causé de grandes pertes chez les personnes qui vivaient des activités exercées autour de cette dernière. « Plusieurs femmes de Gatumba, moi-même y compris, exercions ce genre de commerce pour faire vivre nos familles. Je vendais en RDC de l’eau Kamaro, de la farine, et, de retour, nous ramenions de l’huile de coton », témoigne madame Sinzinkayo.
Cependant, cette femme explique qu’auparavant elle avait confié ce restaurant à des employés, mais qu’aujourd’hui elle a choisi de travailler seule. Elle a également commencé à vendre du lait afin de continuer à assurer la survie du ménage. « J’ai dû retourner ici pour m’occuper moi-même du restaurant, pour que le peu que je gagne aide à la survie du ménage. Parfois, je me fais aider par mes enfants. Avant midi, je m’occupe du restaurant et, ensuite, de la cafétéria », ajoute-t-elle.
Le secrétaire général du parti au pouvoir au Burundi, Révérien Ndikuriyo, a rappelé vendredi 2 janvier 2026 ce qui a conduit à la fermeture de cette frontière : « C’est très simple, si la frontière est fermée, elle sera réouverte en même temps que celle du Rwanda. Et ne dites pas que c’est demain… négatif ! Si Uvira est prise par les Rwandais en violation des accords de Washington, on ferme comme on l’a fait pour Gasenyi et Ruhwa. Ne dites pas demain je me rends à Gasenyi… pourquoi faire ? Vous pouvez y aller par avion. Le pays doit être sécurisé par toutes les mesures possibles », a renchéri M. Ndikuriyo.
Alors que jusqu’à présent nul ne sait quand cette frontière sera rouverte, Ange Sinzinkayo appelle d’autres femmes qui exerçaient une quelconque activité sur cette frontière à ne pas croiser les bras : « Tout ce que je leur conseillerais, c’est de ne pas attendre que la frontière soit rouverte, car nous ne savons pas si la fermeture va durer un an ou deux ans. Il faut alors que ces femmes s’occupent autrement, par exemple dans des marchés locaux. Le peu qu’elles peuvent gagner peut subvenir aux besoins familiaux. Qu’elles ne croisent donc pas les bras », interpelle cette femme.
Depuis le début du mois de décembre 2025, le Burundi a fermé les frontières de Gatumba et de Vugizo, entraînant l’arrêt de la circulation des personnes et des marchandises via ces points frontaliers.

























