L’usine Fertilisants Organo-Minéraux Industrie (FOMI) dresse un bilan positif pour la saison culturale B en ce qui concerne la production de fertilisants organo-minéraux. Toutefois, l’usine affirme ne pas disposer de la totalité des commandes pour certaines localités, mais se dit prête à honorer ses engagements dès qu’elle connaîtra les quantités exactes demandées.
Dans une tournée organisée par l’usine Fertilisants Organo-Minéraux Industrie à travers cinq provinces du pays — Bujumbura, Gitega, Butanyerera, Buhumuza et Burunga — du lundi 2 février au mercredi 4 février 2026, la FOMI a assuré que la production est disponible dans les hangars de stockage.
Le conseiller du gouverneur de la province de Bujumbura, Florent Nkezabahizi, affirme que les fertilisants de type Imbura et Urée sont disponibles dans les stocks à Bujumbura :
« Notre constat, d’après les lieux de stockage visités, est que le fumier Imbura et l’urée sont déjà là. Ce qui reste, c’est de se rassurer de la distribution à la population, qui est déjà prête pour la saison B. Nous lançons un appel à un suivi rigoureux à la population et aux administratifs. Le récent recensement qui a eu lieu permettra à la population de disposer des quantités commandées, au lieu de toujours demander un surplus et, à la fin, se lamenter de ne pas avoir reçu tel ou tel autre fertilisant. Cela va diminuer les spéculations. »
Nkezabahizi rappelle aux chefs de zone l’importance d’une collaboration étroite avec la population et les agents de la FOMI au niveau des communes et des zones, notamment en distribuant les quantités demandées sur base des listes et des bases de données en leur possession.
À Butanyerera, le directeur provincial de l’agriculture et de l’élevage, Adelin Niyonsaba, explique qu’il y a des fertilisants dans les trois dépôts de stockage de la FOMI : à Kayanza, Ngozi et Kirundo.
« À Kayanza, nous avons environ 800 tonnes d’engrais de type Imbura et plus de 400 tonnes d’urée. À Ngozi, il y a 1 000 tonnes de FOMI Imbura et près de 260 tonnes d’urée. Le dépôt de Kirundo dispose d’environ 350 tonnes de FOMI Imbura et autour de 23 tonnes d’urée. »
Il précise que, pour la saison culturale B, le haricot est la culture dominante, mais aussi le riz, la pomme de terre et le blé. « Nous avons donc besoin de beaucoup plus d’engrais de type FOMI Imbura. Si nous examinons la quantité déjà fournie, nous sommes à moins d’un tiers par rapport aux besoins de Butanyerera. Mais nous gardons espoir : vu le flux de camions qui continuent d’acheminer les fertilisants, nous pensons qu’avant la fin du mois de février, nous aurons la quantité commandée dont la population a tant besoin. »
Niyonsaba demande néanmoins à la FOMI de respecter les quotas et d’assurer la livraison de toute la quantité commandée avant la fin du mois.
Dans la province de Buhumuza, Melchiade Ntahondereye, directeur provincial de l’agriculture et de l’élevage, rappelle que la saison B est caractérisée par la culture du haricot, qui exige principalement l’engrais de type Imbura. Il regrette cependant que :
« Nous ne disposons pas encore des quantités demandées. Nous estimons avoir 2 012 tonnes d’engrais de type FOMI Imbura. Comparativement aux années antérieures, nous sommes à près d’un tiers. Nous rassurons les producteurs agricoles qu’à partir de la mi-février jusqu’au début du mois de mars, les engrais seront disponibles dans toutes les zones de la province de Buhumuza. Toutefois, nous faisons face à un problème de manque de carburant pour assurer la distribution depuis les stocks provinciaux vers les stocks zonaux. Nous demandons donc au ministère de tutelle et à la Société pétrolière du Burundi (SOPEBU) de disponibiliser le carburant à temps. »
Même son de cloche à Burunga, selon Jean-Marie Congera, directeur provincial de l’agriculture et de l’élevage :
« Ce manque de carburant retarde le début de la distribution des stocks provinciaux vers les stocks zonaux. Mais nous assurons que dès que la distribution commencera, avec les quantités déjà disponibles, il n’y aura pas de problème d’intrants. »
Il précise que, pour la saison culturale B, l’engrais de type Imbura est le plus demandé en raison de la culture du haricot, tandis que l’urée est surtout utilisée dans les plaines du Kumoso et de l’Imbo pour la culture du riz. Congera reconnaît l’existence de spéculations, mais estime que la réforme consistant à inscrire les producteurs sur des listes collinaires permettra de les réduire.
À Rumonge, les stocks sont pleins et nécessitent un désengorgement avant l’acheminement de nouvelles quantités. À Makamba, les quantités disponibles devraient suffire selon les anciennes statistiques, bien que les données actualisées sur les besoins de la saison B fassent défaut.
À Gitega, Jean Sévérin Sinzobatohana, directeur du Bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage, estime que la fréquence d’approvisionnement en fertilisants par la FOMI cette saison ne connaîtra pas de retard significatif.
« Nous rassurons les agriculteurs : les hangars sont déjà pleins. Il reste le transfert des stocks provinciaux vers les zones. Les anciennes provinces de Gitega, Muramvya, Mwaro et Karusi totalisent 2 834 tonnes d’engrais de type FOMI Imbura, très utilisé pour les cultures de haricot et de soja. Concernant l’urée, nous disposons de 345 tonnes. Le retard ne devrait pas être notable, car ce type d’engrais est moins utilisé durant cette saison. »
Il appelle également le ministère en charge de l’agriculture et la SOPEBU à garantir la disponibilité du carburant afin d’éviter toute perturbation dans la distribution.
Quant à la FOMI, elle précise que la production d’engrais de type Imbura atteint 15 000 tonnes, principalement destinées aux légumineuses comme le haricot. Jean-Pierre Nzobandora, directeur commercial de la FOMI, indique qu’environ 4 000 tonnes d’urée sont disponibles, bien que cet engrais soit moins utilisé pendant la saison B.
Il mentionne également la dolomie disponible à Gitega, à hauteur de plus de 3 000 tonnes, destinée à trois communes, le marché national étant partagé entre plus de dix fournisseurs. La FOMI dessert notamment les communes de Gishubi, Gitega et Muramvya.
L’engrais de type Bagara n’est pas encore disponible dans les différents stocks, mais la direction rassure que la production sera achevée et les quantités mises à disposition dans un délai d’une à deux semaines.
La saison culturale B, appelée « Impeshi » en langue nationale, débute à la mi-février pour se terminer à la mi-mars. C’est durant cette période que commencent les semis et plantations des cultures adaptées à cette saison.






















