Certaines femmes âgées vivent dans des conditions extrêmement difficiles, au point que certaines se retrouvent à mendier dans les rues, que ce soit dans la ville de Bujumbura ou à l’intérieur du pays. L’association Urisanze, située dans le quartier Carama, commune Ntahangwa, province de Bujumbura, qui vient en aide à cette catégorie de femmes, constate que malgré les efforts de l’État, leur nombre reste inquiétant. La pauvreté dans les familles et le manque de considération de la société envers ces femmes âgées aggravent encore leur détresse. L’association lance un appel à toute personne capable de leur tendre la main, afin qu’elles puissent retrouver un semblant de dignité dans leurs vies.
Anne Marie Inezerwe, représentante légale de l’association, décrit avec émotion la réalité quotidienne de ces femmes :
« La vie des personnes âgées est très difficile. Si elles vivaient bien, elles seraient chez elles, entourées de leurs proches. Mais beaucoup ont été contraintes de quitter leur foyer parce que la situation y était devenue insoutenable et qu’elles n’avaient personne pour les soutenir », raconte-t-elle lors d’une visite au centre de l’association, où une vingtaine de femmes âgées sont actuellement accueillies.
Certaines choisissent la rue comme moyen de survie. « Elles ont besoin de proches pour les accompagner et les soutenir, mais la pauvreté est immense et il n’est pas toujours facile de leur apporter l’aide nécessaire », ajoute Anne Marie.
Pour mieux répondre à leurs besoins, la responsable du centre insiste sur la nécessité d’un recensement précis : « L’État devrait identifier leur nombre afin de déterminer les aides adaptées à leurs conditions de vie. »
Cependant, la rue n’est pas toujours synonyme de solitude pour elles. « Certaines préfèrent rester dans les rues parce qu’elles y reçoivent parfois de petites sommes qui leur permettent de survivre », explique-t-elle, soulignant l’urgence de créer des solutions plus humaines et durables.
Parmi ces femmes, certaines ont des histoires poignantes. Ahishakiye Marthe, 67 ans, a été accueillie dans ce centre après avoir erré dans les rues. Originaire de la commune de Buganda, ancienne province de Cibitoke, à l’ouest du Burundi, elle raconte :
« Après la mort de mon mari, son fils, issu d’une autre union, a commencé à me maltraiter et à me menacer de mort. Il avait même vendu la maison sans que je le sache. J’ai été obligée de quitter mon foyer et de survivre dans la rue. »
Elle se souvient des journées passées sans nourriture, de la maladie qui l’a affaiblie, et de la peur constante : « Ici, ils m’ont soignée, et j’ai enfin retrouvé un peu de sécurité et de chaleur humaine. »
Depuis 1990, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a institué la Journée internationale des personnes âgées pour sensibiliser le public à leurs conditions de vie et à leurs droits fondamentaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’à l’horizon 2050, la majorité des personnes âgées de 65 ans et plus vivront dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, soulignant l’urgence de renforcer la protection et le soutien pour cette population vulnérable.

























