À l’aube de la mise en œuvre de son 15ᵉ plan quinquennal, le Parti communiste chinois entend placer la performance de gouvernance au cœur de l’action publique. Entre renouvellement des équipes dirigeantes, primauté du peuple et exigence d’ancrage dans la réalité du terrain, Pékin affirme sa volonté de privilégier des résultats durables, fondés sur la responsabilité et l’efficacité.
Le Parti communiste chinois (PCC) balise le terrain pour une mise en œuvre efficiente du 15ᵉ plan quinquennal de développement national. Les équipes dirigeantes, des provinces aux cantons, en passant par les villes et les districts, connaîtront un renouvellement progressif. Il importe que ces équipes s’imprègnent pleinement des responsabilités qu’elles seront appelées à assumer. Dans cette dynamique, la Direction générale du Comité central du PCC a publié une circulaire lançant une campagne à l’échelle du Parti afin de guider les membres, en particulier les cadres, à acquérir et à mettre en pratique une vision juste des performances politiques. Ladite circulaire stipule explicitement la conduite à tenir : « Nous devons partir des conditions réelles et agir conformément aux lois objectives afin d’apporter des avantages tangibles au peuple à travers un travail concret. »
L’esprit de cette disposition suppose que les performances politiques soient en phase avec la réalité du terrain et accordent la priorité au peuple. Le secrétaire général du Comité central du PCC, Xi Jinping, a rappelé qu’une conception correcte de la réussite politique exige de s’appuyer sur la réalité et d’agir conformément aux lois objectives. « Grâce à une prise de décision scientifique et à un travail assidu et acharné, nous devons accomplir des réalisations qui résistent à l’épreuve de la pratique et de l’histoire, qui profitent véritablement au peuple et qui gagnent sa reconnaissance », a-t-il précisé.
Les réalisations politiques, loin d’être une course aux résultats immédiats ou un simple trompe-l’œil, relèvent d’une démarche structurée inspirée des réalités concrètes du terrain. Autrement dit, les projets doivent être mis en œuvre en fonction des priorités de développement propres à chaque province, région, district ou canton. Une connaissance approfondie de la réalité et des priorités de chaque zone constitue un préalable à des performances politiques abouties. En clair, sans une feuille de route détaillant tous les contours des initiatives de développement, les résultats seront en deçà des attentes.
Comment une telle vision peut-elle être effective sur le terrain ? Il apparaît de toute évidence que le sens des responsabilités et de l’engagement des cadres du Parti constitue une exigence de premier ordre. Il importe que chaque responsable, de premier ou de second rang, réfléchisse au sens de son engagement politique, aux efforts qu’il est prêt à consentir et à l’empreinte qu’il entend laisser à la postérité. Un camion en bon état, plein de carburant et circulant sur une bonne route, ne saurait atteindre la bonne destination sans un bon conducteur. Il est donc impératif que les cadres du Parti incarnent cette vision afin qu’elle se traduise en résultats concrets sur le terrain. Une vision mal assimilée conduira nécessairement à des échecs et à des mécontentements.
Le service au peuple doit être la véritable boussole du dirigeant. Comme l’a si bien dit le secrétaire général, « l’immortalité dans l’histoire n’a aucun lien intrinsèque avec le rang officiel, mais plutôt avec les actes accomplis ». En réalité, ce sont les dirigeants qui contribuent de manière significative à l’amélioration des conditions de vie de la population qui incarnent le sens du devoir et du service à la nation. Les ambitions personnelles sont incompatibles avec l’engagement au service de l’intérêt général.
Une autre exigence essentielle dans la concrétisation de cette vision concerne la finalité des résultats : à qui sont-ils destinés ? Quelle est leur nature ? Comment ont-ils été obtenus ? La réponse à ces questions doit toujours être guidée par la priorité fondamentale, à savoir la primauté du peuple. Les performances politiques doivent nécessairement épouser les intérêts du peuple, à court comme à long terme ; autrement, elles ne seraient que de vains efforts. Leur objectif ultime est de favoriser la prospérité nationale et le bien-être de la population.
Sans une véritable connaissance du terrain, il serait impossible de réaliser des performances pertinentes. Connaître le terrain suppose d’aller au contact de la population à la base, d’appréhender concrètement ses réalités et de cerner le contexte global des préoccupations afin de procéder à une évaluation minutieuse de la situation.
Le processus de développement implique à la fois un engagement personnel sans faille et une connaissance approfondie de la réalité. Les expériences passées du secrétaire général Xi Jinping à Zhengding, au Fujian, au Zhejiang et à Shanghai l’illustrent à cet égard. Dans chacune des localités où il a assumé des responsabilités, il a proposé un modèle de développement adapté aux spécificités locales.
Aujourd’hui, si la Chine est citée en exemple dans la lutte contre la pauvreté, ce n’est pas fortuit. Elle a su en identifier les causes profondes avant d’appliquer des solutions appropriées. En somme, les performances politiques ne s’improvisent pas et ne sauraient relever de calculs égoïstes. Le concept de performance en matière de gouvernance consiste fondamentalement à arbitrer entre le long terme et l’immédiat, entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. Ce modèle pourrait inspirer les pays en développement s’ils souhaitent véritablement œuvrer au bien-être de leurs populations. Dans la mise en œuvre de son 15e plan quinquennal de développement national, la Chine a fait le choix de miser, une fois de plus, sur la performance en matière de gouvernance.
(Photo : VCG)
























