Le directeur national de la Parcem, Faustin Ndikumana, estime que l’accession du Burundi à la présidence de l’Union africaine relève d’un processus normal de rotation et ne doit pas être présentée comme un événement exceptionnel. Il appelle les autorités à garder la priorité sur les défis internes du pays.
L’organisation Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM), estime que l’accession du Burundi à la présidence de l’Union africaine relève d’un processus normal et ne doit pas être présentée comme un exploit exceptionnel.
Pour le directeur national de la Parcem, Faustin Ndikumana, le fait que le Burundi prenne la tête de l’Union africaine s’inscrit dans le mécanisme normal de rotation entre les cinq régions du continent : Afrique du Nord, de l’Ouest, de l’Est, centrale et australe.
« Chaque région assure la présidence à tour de rôle. Le Burundi, en tant que pays d’Afrique de l’Est, exerce simplement un droit qui revient à sa région. Il ne s’agit pas d’un exploit extraordinaire », affirme-t-il.
Il rappelle que plusieurs pays de la sous-région ont déjà exercé cette responsabilité, notamment le Congo, le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie et l’Ouganda. « Seul le Burundi n’avait pas encore accédé à cette fonction. C’est donc un processus normal », précise-t-il.
Critique des célébrations jugées excessives
Faustin Ndikumana regrette cependant la tendance à exagérer la portée de cet événement. Selon lui, certaines autorités politiques présentent cette accession comme un succès historique aux retombées exceptionnelles.
Il critique notamment l’organisation de cérémonies ayant entraîné la paralysie de la capitale et la suspension temporaire de certaines activités scolaires et administratives.
« D’autres pays ont déjà exercé cette présidence et d’autres le feront encore. Il faut analyser les choses avec lucidité et éviter l’exagération », insiste-t-il.
Une Union africaine confrontée à de lourds défis
Le directeur de la Parcem souligne que l’Union africaine elle-même fait face à d’importantes faiblesses structurelles qui limitent sa capacité d’influence sur la scène internationale. Il évoque notamment la pauvreté persistante, les conflits armés, la corruption et le népotisme, la fuite des capitaux et des cerveaux, le terrorisme dans le Sahel ainsi que la faible industrialisation du continent, autant de défis qui freinent le développement et l’autonomie réelle de l’Afrique.
Selon lui, ces défis réduisent considérablement la marge de manœuvre de l’organisation continentale.
Il pointe également la dépendance financière de l’Union africaine, rappelant que son siège à Addis-Abeba a été financé par la Chine et que les cotisations des États membres sont souvent mal acquittées. De même, une part importante du capital de la Banque africaine de développement provient de pays non africains.
Des initiatives continentales aux résultats mitigés
Faustin Ndikumana mentionne aussi les difficultés de mise en œuvre des grandes initiatives africaines telles que le NEPAD ou l’Agenda 2063. Selon lui, leur appropriation par les États reste limitée et les résultats tardent à se concrétiser.
Il souligne en outre les divergences politiques entre pays africains, qui affaiblissent la cohésion continentale, ainsi que le rôle parfois plus actif des organisations régionales comme la CEDEAO, la SADC ou la Communauté d’Afrique de l’Est dans la gestion des crises.
Face à ce contexte, Faustin Ndikumana estime qu’il ne faut pas s’attendre à des réalisations extraordinaires du Burundi à la tête de l’Union africaine.
Il appelle les autorités burundaises à ne pas perdre de vue les défis nationaux, notamment les difficultés économiques, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat.
« Le président de la République a été élu avant tout pour répondre aux défis internes. Assumer la présidence de l’Union africaine est une responsabilité importante, mais elle ne doit pas détourner l’attention des priorités nationales », conclut-il.























