Des dispositions légales jugées lacunaires continuent de freiner les avancées en matière de santé sexuelle et reproductive au Burundi. Réunis à l’initiative de l’Association Burundaise pour le Bien-être Familial (ABUBEF) en date du 29 décembre 2025, des acteurs de la société civile appellent à l’alignement des lois nationales sur les engagements internationaux, afin de mieux protéger les droits et la santé des femmes.
Certaines dispositions légales en matière de santé sexuelle et reproductive restent lacunaires et constituent un véritable frein à l’amélioration de ce secteur au Burundi. Ce constat a été dressé lors de consultations réunissant des organisations de la société civile et d’autres parties prenantes, organisées ce lundi 29 décembre 2025 par l’Association burundaise pour le bien-être familial (ABUBEF).
À cette occasion, la directrice exécutive de l’ABUBEF, Dr Donavine Uwimana, a rappelé que le Burundi a souscrit à de nombreux engagements internationaux et régionaux en matière de santé sexuelle et reproductive, dont plusieurs demeurent toutefois non ratifiés. Elle a précisé que des discussions sont en cours avec les instances habilitées afin de limiter les conséquences négatives de ces retards, en particulier pour les femmes.
« Le Burundi a pris beaucoup d’engagements en matière de santé sexuelle et reproductive. Nous avons, par exemple, des engagements issus de la Conférence internationale sur la planification familiale, de la Convention pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes, ainsi que d’autres accords très positifs. Néanmoins, nous constatons qu’au niveau international, certains de ces engagements n’ont pas encore été ratifiés », a-t-elle expliqué.
Parmi les textes concernés figure notamment le protocole de Maputo, signé par le Burundi depuis de nombreuses années, mais toujours en attente de ratification au niveau national. Selon Donavine Uwimana, les réticences autour de ce protocole sont liées principalement aux questions de droits à la succession des femmes, mais aussi aux droits relatifs à l’avortement.
La directrice exécutive de l’ABUBEF a également évoqué un projet de loi de la Communauté d’Afrique de l’Est relatif à la santé de la reproduction, en discussion depuis 2017. Sur ce dossier, le Burundi figure encore parmi les pays qui émettent des réserves, retardant ainsi l’harmonisation des politiques régionales.
Les consultations ont par ailleurs abordé le Code pénal burundais, qui pénalise certaines pratiques liées à la santé de la reproduction, notamment l’avortement. Pour les participants, ces dispositions légales méritent un débat approfondi afin de les aligner sur les engagements internationaux et régionaux déjà pris par le pays.
Enfin, les intervenants ont alerté sur les conséquences de ces restrictions juridiques. Selon eux, la législation actuelle favorise le recours aux avortements clandestins à l’échelle nationale, avec des risques graves, voire catastrophiques, pour la santé et la vie des femmes. D’où l’appel à poursuivre le dialogue et à mettre en place des politiques nationales plus cohérentes, protectrices et adaptées aux réalités sociales du pays.

























