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La BRB réforme en profondeur les groupements financiers communautaires

La Banque de la République du Burundi (BRB) a annoncé un durcissement et une modernisation du cadre réglementaire des groupements financiers communautaires, avec pour objectif de professionnaliser le secteur tout en renforçant l’inclusion financière. Parmi les principales innovations figurent l’instauration d’un capital minimum de 50 millions de francs burundais, de nouvelles exigences administratives, ainsi qu’un assouplissement du nombre de membres requis pour constituer un groupement.

Selon la BRB, l’ancienne réglementation présentait plusieurs limites. Elle ne prévoyait notamment aucun capital minimum, ce qui exposait certains groupements à des fragilités financières et à des risques de mauvaise gouvernance. Désormais, le capital minimum requis pour l’enregistrement d’un groupement financier communautaire est fixé à 50 millions de francs burundais.

D’après le directeur en charge des microfinances à la BRB, Alphonse Nyobewumunsi, ce montant n’a pas été fixé de manière arbitraire. Il résulte d’une analyse menée sur environ seize groupements financiers communautaires opérant au sein de l’OTAN, jugés bien structurés et disposant de rapports financiers correctement établis. « C’est sur la base de cette moyenne que le seuil de 50 millions a été retenu », a-t-il expliqué.

La nouvelle réglementation introduit également des exigences administratives renforcées. Désormais, les groupements financiers communautaires doivent obligatoirement disposer d’un numéro d’identification fiscale (NIF) ainsi que d’un registre de commerce, une innovation majeure par rapport à l’ancien cadre réglementaire. Cette mesure vise à renforcer la transparence, la traçabilité des activités et l’intégration de ces structures dans le système financier formel.

Autre changement notable : la révision du nombre de membres requis pour constituer un groupement. Alors que l’ancienne réglementation exigeait environ 100 membres, avec des groupements pouvant aller jusqu’à 300 sans limite clairement définie, le nouveau texte fixe désormais un minimum de 30 membres. Un groupement financier communautaire peut donc être légalement constitué à partir de ce seuil.

Ce choix s’explique par un souci d’inclusion financière, selon la BRB. L’exigence précédente de 100 membres excluait une frange importante de la population, alors même que certains groupements étaient déjà bien organisés, disposaient de moyens suffisants et fonctionnaient sur la base de cotisations régulières, sans toutefois bénéficier d’un encadrement réglementaire officiel.

Enfin, la réforme accorde une importance particulière à la formation des membres et des organes de gestion des groupements financiers communautaires. L’objectif est de renforcer les capacités internes, d’améliorer la gouvernance et de limiter les risques liés à une mauvaise gestion.

À travers cette réforme, la Banque de la République du Burundi entend assainir, structurer et moderniser le secteur des groupements financiers communautaires, tout en permettant à un plus grand nombre de citoyens d’accéder à des services financiers encadrés et sécurisés.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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