L’Association burundaise de lutte contre le chômage et la torture, Aluchoto, dénonce le comportement de certains avocats qui ne respectent plus l’éthique de leur profession. Vianney Ndayisaba, coordinateur de cette organisation, déplore que certains avocats acceptent des pots-de-vin afin de faire gagner les dossiers de leurs clients. Il demande à la justice de ne pas autoriser les avocats à signer des décisions prises en l’absence des personnes qu’ils représentent.
Dans une récente déclaration de ce mercredi 08 avril 2026, Vianney Ndayisaba a alerté sur des dérives au sein de la profession d’avocat, pointant des comportements contraires à l’éthique et à la déontologie professionnelle. Selon lui, certains avocats ne défendent plus uniquement la vérité et les intérêts de leurs clients, mais s’engagent dans des pratiques douteuses pouvant compromettre l’équité de la justice.
« Actuellement, nous constatons que certains avocats ne travaillent pas dans le strict respect de l’éthique et de la déontologie professionnelle, alors qu’ils devraient défendre uniquement la vérité et aider leurs clients », a-t-il déclaré.
Il décrit une tendance préoccupante : certains avocats se comporteraient davantage comme des « commissaires », se concertant avec des magistrats pour déterminer ce qu’ils pourraient « gagner » financièrement dans un litige, plutôt que de se concentrer sur la défense légale de leur client. « Dans tel dossier, il y a autant de milliards ; dans un autre, autant de millions. Le raisonnement est : ‘Si le juge rend une décision en faveur de telle partie, il nous donnera notre part, qu’il ait raison ou non’ », a expliqué Vianney.
Il appelle à un retour à l’éthique et à la responsabilité professionnelle. Selon lui, un avocat doit œuvrer pour garantir une justice équitable. « Lorsqu’un avocat constate que son client est emprisonné alors que la loi est piétinée, il devrait normalement compatir avec lui. Mais malheureusement, certains avocats privilégient la corruption pour ‘acheter’ la justice », a-t-il ajouté.
Des dossiers lui sont parvenus relatant des cas où un avocat, après avoir reçu un dossier, aurait négocié avec la partie adverse, versé un pot-de-vin et commencé à défendre cette partie, allant jusqu’à influencer le verdict à l’insu de son client. Vianney évoque également des situations où des avocats signeraient des documents en cachette, sans informer leur client de conventions importantes.
Il demande à la justice burundaise de prendre des mesures strictes pour interdire qu’un avocat signe seul des documents sans la présence de son client, afin de protéger les intérêts des justiciables et de restaurer la confiance dans le système judiciaire.
« Qu’ils reviennent à la raison, sinon nous nous élèverons pour dénoncer de tels comportements », conclut-il, appelant ses confrères à rétablir la déontologie et l’intégrité dans la profession.

























