Face à la réduction progressive des terres cultivables, certains agriculteurs redoublent d’ingéniosité. À Matongo, en province de Burunga, Deogratias Sinumvayaha a mis au point une technique qui suscite à la fois curiosité et admiration : cultiver deux plantes différentes dans un même poquet.
Sur la colline Nteko, où il exploite ses champs, cet agriculteur associe patates douces et pommes de terre sur une même parcelle. Une méthode qui lui permet non seulement d’optimiser l’espace, mais aussi d’obtenir des rendements jugés satisfaisants pour les deux cultures.
Dans son marais, ses champs se démarquent nettement de ceux des voisins. Lors de notre passage ce mercredi, Deogratias Sinumvayaha procédait à la récolte de patates douces d’une taille impressionnante, certaines pesant entre 4 et 6 kilos. Un spectacle qui n’a pas laissé indifférents les riverains, venus constater de près cette production hors du commun.
« Je mélange les boutures de patates douces avec des pommes de terre dès le semis », explique-t-il. Une pratique qu’il justifie par la pression foncière liée à la croissance démographique. « Les terres deviennent de plus en plus rares. Il faut produire davantage sur de petites superficies. »
Cette innovation, fruit de sa propre réflexion enrichie par ses connaissances scolaires, est appliquée depuis une dizaine d’années, aussi bien dans les marais que sur les collines.
Souhaitant partager son expérience, Deogratias Sinumvayaha accueille régulièrement d’autres agriculteurs venus apprendre cette technique. Il leur fournit également des semences et des boutures. Selon lui, plusieurs d’entre eux ont déjà amélioré leurs conditions de vie grâce à cette pratique.
Il précise par ailleurs que les semences de moindre qualité ne sont pas perdues : elles sont utilisées pour nourrir le bétail, contribuant ainsi à une gestion plus efficace des ressources.
L’agriculteur lance un appel à toute personne intéressée par cette innovation à venir s’informer directement auprès de lui.
Cette initiative intervient dans un contexte où la culture de la patate douce est fortement encouragée par les autorités administratives de la commune de Matongo. Toutefois, les agriculteurs font face à un manque de semences, un défi qu’ils demandent aux responsables du secteur agricole de résoudre rapidement afin de soutenir les efforts de production.

























