Lancé mercredi à Bujumbura, le projet « Ubuntu Vert » ambitionne de lier écologie, paix et lutte contre la pauvreté en misant sur l’éducation des jeunes et la mobilisation communautaire. Portée par un consortium d’organisations locales et soutenue par des partenaires internationaux, l’initiative se veut une réponse concrète aux défis environnementaux et sociaux du Burundi.
Le lancement officiel ce mercredi 25 février 2026 du projet « Ubuntu Vert : écologie du soin, promotion de la paix et lutte contre la pauvreté » a eu lieu mercredi à Bujumbura, marquant le coup d’envoi d’une initiative qui place la jeunesse et la protection de l’environnement au cœur du développement durable au Burundi.
La cérémonie a réuni des représentants d’institutions locales et internationales, des acteurs communautaires ainsi que des experts en environnement et en éducation, venus saluer une démarche qui se veut à la fois écologique, sociale et éducative.

Dans son mot introductif, au nom du consortium composé de la Convergence pour l’Écologie, la Paix et le Développement (CEPD_Girubuntu), de l’Action Ceinture Verte pour l’Environnement (ACVE) et du Réseau Africain pour la Paix, la Réconciliation et le Développement Durable (RAPRED _Girubuntu), M. Lidwine Nintije a rappelé que le Burundi, à l’instar de la région des Grands Lacs, fait face à des tensions sociales, des conflits communautaires et une érosion des valeurs.
Il a souligné l’urgence de « reconnecter l’être humain à la nature », considérant cette reconnexion comme un levier essentiel pour restaurer la cohésion sociale et promouvoir un développement harmonieux.
Prenant la parole, Konrad Neufeld, représentant de la ZSL Baden-Württemberg, a insisté sur l’importance de sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge aux enjeux environnementaux et sociaux.

« Les projets éducatifs comme Ubuntu Vert jouent un rôle moteur pour impulser le changement dans nos sociétés », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité d’investir dans l’éducation pour assurer un impact durable.
La philosophie d’Ubuntu au cœur du projet
Le P. Dr Deogratias Maruhukiro a, pour sa part, expliqué la philosophie qui sous-tend l’initiative. Revenant sur l’étymologie du mot « Ubuntu », qui signifie « je suis parce que nous sommes », il a souligné son association avec le terme « vert », symbole de l’écologie et de l’harmonie entre l’homme et la nature.

Selon lui, cette combinaison reflète l’essence même du projet : un engagement collectif pour la protection de l’environnement et le bien-être des communautés.
Au nom de l’Ambassade d’Allemagne au Burundi, Mme Tanja Knitler a rappelé la longue tradition européenne de coopération et de promotion des valeurs humaines. Elle a estimé que la philosophie d’Ubuntu pouvait enrichir ces principes et renforcer les relations entre les peuples dans une perspective de coopération durable.

Un plaidoyer fort pour la protection de l’environnement
Figure emblématique de la cause environnementale au Burundi, Albert Mbonerane, président d’honneur et fondateur de l’Action Ceinture Verte pour l’Environnement, a lancé un appel à la responsabilité individuelle et collective.
S’appuyant sur les Écritures bibliques ainsi que sur les textes et lois existants, il a affirmé que leur respect ferait du Burundi « un véritable paradis ». Il a dressé un constat préoccupant des défis actuels : pollution du lac Tanganyika, débordements de rivières comme la Ntahangwa, disparition des habitats naturels, transformation de la réserve de Rusizi en cultures de canne à sucre et effets visibles du changement climatique, notamment la montée des eaux.

« Il faut rompre avec les comportements destructeurs et protéger notre environnement pour le bien-être des générations futures », a-t-il martelé.
Le projet Ubuntu Vert s’articule autour de deux axes principaux. D’une part, il met l’accent sur la sensibilisation et la formation des jeunes à Bujumbura et à Gihanga, à travers l’organisation d’ateliers dans des écoles ciblées, débouchant sur une certification officielle à l’issue des sessions. D’autre part, il vise à renforcer la résilience écologique des communautés en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement et en encourageant la conservation de la biodiversité.
Les principaux partenaires sont la SEZ, en qualité de bailleur, le CEPD Girubuntu et l’ACVE, dont l’expertise est reconnue au niveau national. Leur collaboration vise à garantir une approche intégrée combinant éducation, écologie et engagement communautaire.
D’une durée de douze mois, le projet devrait s’achever en janvier 2027. Il ambitionne de toucher directement des centaines de jeunes et de sensibiliser des milliers de citoyens aux valeurs d’Ubuntu et au respect de la nature.
Au-delà d’une simple initiative environnementale, Ubuntu Vert se présente comme un projet de société, liant écologie, solidarité et paix. « Chaque geste compte, car je suis ce que nous sommes tous ensemble », a conclu le P. Dr Maruhukiro, invitant chaque Burundais à devenir acteur d’un avenir plus vert et plus harmonieux.
























