Depuis la fin du mois de mars 2026, une maladie d’origine inconnue sévit dans la commune de Mpanda, en province de Bujumbura. Plusieurs cas graves et des décès ont été signalés, tandis que les analyses en cours n’ont, pour l’instant, permis d’identifier aucun agent pathogène, posant un défi majeur aux autorités sanitaires.
Les premiers cas ont été observés à partir du 28 mars sur les collines de Kibuye et Rugazi, dans la zone Rugazi. Selon le gouverneur de la province de Bujumbura, Aloys Ndayikengurukiye, la situation a commencé à attirer l’attention des autorités au début du mois d’avril. L’alerte a été officiellement évoquée le 6 avril 2026 lors d’une réunion entre le chef de l’État et les responsables des communes Mukaza, Ntahangwa et Mugere, consacrée aux questions d’hygiène et d’assainissement.
Sur le terrain, la situation est jugée préoccupante. Des sources locales indiquent qu’au moins cinq personnes ont déjà succombé à cette maladie, sur plus de vingt cas recensés jusqu’au 7 avril 2026. Plus de sept ménages seraient touchés, avec au moins 26 personnes actuellement suivies dans les structures sanitaires locales.
Les personnes affectées présentent des symptômes alarmants, notamment une forte fièvre, des diarrhées parfois accompagnées de sang, des maux de tête, des vomissements, une fatigue intense et des douleurs abdominales. Dans certains cas, des signes plus graves comme la jaunisse ou la présence de sang dans les urines ont également été signalés, renforçant l’inquiétude des habitants face à une possible propagation rapide.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont rapidement déclenché des mécanismes de riposte. Des équipes composées de médecins, de techniciens de santé, d’experts en santé animale et de spécialistes de Organisation mondiale de la santé ont été déployées dans les zones touchées afin d’assurer la prise en charge des malades, le suivi des cas contacts et les investigations nécessaires.
Dans une déclaration officielle publiée le 11 avril 2026, la ministre de la Santé publique, Lydwine Baradahana, a précisé que plusieurs analyses ont été effectuées pour détecter d’éventuelles maladies hautement contagieuses. Les tests ont notamment porté sur Ebola, Marburg, la fièvre jaune, la fièvre de la Vallée du Rift et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. À ce stade, tous les résultats se sont révélés négatifs.
Malgré ces résultats jugés rassurants, l’origine de la maladie reste inconnue. Des échantillons ont été envoyés à l’étranger pour des analyses approfondies, tandis que les enquêtes épidémiologiques se poursuivent afin de déterminer les modes de transmission.
Les autorités appellent la population à la vigilance, en insistant sur le respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains et la consultation rapide des structures de santé en cas de symptômes suspects. Le chef de la zone Rugazi, Marius Bayakwize, exhorte ainsi les habitants à se rendre immédiatement dans un centre de santé dès l’apparition des premiers signes. Il met également en garde contre la propagation de rumeurs et invite la population à se fier uniquement aux sources officielles.
Cette nouvelle alerte sanitaire intervient quelques mois seulement après une autre maladie non identifiée signalée en janvier 2026 sur la colline de Gihungwe, toujours dans la commune de Mpanda. Une situation qui rappelle la vulnérabilité persistante de cette localité face aux crises sanitaires.
Le gouvernement burundais affirme que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour contenir la situation et protéger la population, tout en réaffirmant son engagement à collaborer avec la communauté internationale.

























