Le ministre burundais de la Justice, des droits de la personne humaine et du genre, Alfred Ahingejeje, a ordonné la révision des dossiers des détenus incarcérés à la prison de Ngozi, en vue d’une éventuelle libération de certains d’entre eux. Cette mesure concerne principalement les détenus âgés de plus de 50 ans ainsi que ceux ayant déjà purgé au moins le quart de leur peine.
Cette décision a été annoncée à l’issue d’une visite effectuée le mercredi 8 avril 2026 dans les maisons d’arrêt de Ngozi, parmi les plus surpeuplées du pays. Elle s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de désengorgement des prisons, notamment à travers les mécanismes de libération conditionnelle et de grâce présidentielle..
Avec plus de 1 800 détenus pour une capacité d’accueil estimée à 400 places, les prisons de Ngozi (hommes et femmes) font face à une surpopulation critique. Face à cette situation, le ministre a instruit le parquet général près la Cour d’appel de Ngozi, la Cour d’appel elle-même ainsi que la direction pénitentiaire de procéder à un examen approfondi des dossiers, afin d’identifier les détenus susceptibles de bénéficier d’une libération.
Lors de cette visite, Alfred Ahingejeje a également relevé des conditions de détention difficiles, particulièrement pour les prisonniers âgés. Cette mission fait suite à une visite similaire réalisée la veille dans la province de Muyinga.
Le ministre a par ailleurs annoncé son intention d’étendre ces visites à d’autres établissements pénitentiaires du pays, tout en assurant qu’un suivi rigoureux sera assuré pour garantir l’application effective de ces mesures.
Il a également salué l’appui de Enabel, notamment dans la mise à disposition de véhicules, la réhabilitation des prisons de Muyinga et de Ngozi (hommes), ainsi que les travaux en cours dans la prison pour femmes de Ngozi. L’organisation soutient également la formation des détenus dans divers métiers, tels que la menuiserie, l’agro-élevage et la couture.
Pour rappel, le 16 janvier 2026, 217 prisonniers, dont 195 hommes et 19 femmes (y compris trois mineures), avaient été libérés dans les prisons de Ngozi dans le cadre des efforts de réduction de la surpopulation carcérale. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large ayant permis la libération de milliers de détenus ces dernières années au Burundi.

























