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Budget 2026 : PARCEM s’interroge sur l’efficacité de la forte hausse des dépenses publiques

Alors que le gouvernement burundais a lancé le 1er juillet 2026 les activités liées au nouvel exercice budgétaire, le directeur national de PARCEM, Faustin Ndikumana, appelle à une réflexion approfondie sur l’efficacité des politiques budgétaires mises en œuvre ces dernières années. Selon lui, l’augmentation spectaculaire du budget de l’État ne s’est pas traduite par une amélioration tangible des conditions de vie de la population.

Pour l’organisation PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités) un budget ne doit pas seulement refléter les ambitions de l’État, mais surtout produire des résultats concrets pour les citoyens, notamment à travers des infrastructures de qualité et un meilleur accès aux services sociaux de base.

Faustin Ndikumana rappelle que le gouvernement a multiplié les annonces de réformes économiques depuis 2020 dans le but de relancer l’économie et de lutter contre la pauvreté. Entre 2021 et 2026, le budget national est ainsi passé d’environ 1 500 milliards de francs burundais à près de 7 000 milliards, soit une multiplication par près de cinq.

Pour le directeur national de PARCEM, cette évolution soulève une interrogation essentielle : pourquoi une telle augmentation des ressources publiques ne s’accompagne-t-elle pas d’une amélioration perceptible de la situation économique et sociale ?

Une inflation en forte progression

L’une des principales préoccupations évoquées concerne l’inflation. Selon les données citées par Faustin Ndikumana, celle-ci est passée d’environ 8 % en 2020-2021 à 34 % en 2025-2026, avec des pics pouvant atteindre 40 %. Cette hausse touche principalement les produits alimentaires, réduisant davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Pour PARCEM, cette évolution montre que les objectifs de stabilisation économique n’ont pas été atteints malgré l’augmentation des dépenses publiques.

L’organisation relève également les faibles performances du secteur primaire, pourtant considéré comme stratégique dans un pays où une grande partie de la population dépend de l’agriculture.

Alors que le secteur des services tire l’essentiel de la croissance économique, le secteur agricole n’enregistre qu’une progression d’environ 1 %, avec même un recul de 0,2 % en 2025. La production vivrière, quant à elle, n’a progressé que de 0,8 %.

Pour Faustin Ndikumana, ces chiffres interrogent sur l’efficacité des investissements consentis dans ce secteur et sur leur capacité à améliorer la sécurité alimentaire.

Un endettement de plus en plus lourd

PARCEM attire également l’attention sur l’évolution de la dette publique. Selon Faustin Ndikumana, celle-ci dépasse désormais 7 000 milliards de francs burundais, soit un niveau comparable au budget annuel de l’État.

Il rappelle que les critères de convergence de la Communauté d’Afrique de l’Est recommandent de maintenir la dette publique en dessous de 50 % du PIB.

L’organisation souligne également que le service de la dette mobilise une part importante des ressources publiques. Les intérêts représenteraient environ 139 milliards de francs, tandis que plus de 1 000 milliards seraient consacrés au remboursement de la dette. Selon PARCEM, cette situation réduit les marges de manœuvre financières de l’État pour financer les secteurs prioritaires.

Appel à une meilleure gouvernance budgétaire

À travers cette analyse, Faustin Ndikumana invite les autorités à renforcer la gouvernance budgétaire afin que les ressources publiques produisent des résultats concrets au bénéfice de la population.

Selon lui, la performance d’un budget ne se mesure pas uniquement à son volume financier, mais à sa capacité à améliorer durablement les conditions de vie des citoyens, à maîtriser l’inflation, à soutenir la production nationale et à garantir un usage efficace des finances publiques.

En conclusion, PARCEM estime que la forte progression du budget national devrait s’accompagner d’une amélioration visible des indicateurs économiques et sociaux. L’organisation appelle ainsi à un débat approfondi sur l’efficacité des politiques budgétaires et sur les réformes nécessaires pour assurer une meilleure utilisation des ressources de l’État.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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