Le Burundi veut donner un nouvel élan à sa coopération avec la Chine. Pour le ministre des Affaires étrangères Édouard Bizimana, le partenariat stratégique global conclu entre les deux pays doit désormais se traduire par des projets d’envergure capables d’accompagner les ambitions de développement du pays.
Le Burundi entend consolider ses relations avec la Chine et tirer davantage profit du partenariat stratégique global établi entre les deux pays. Pour le ministre burundais des Affaires étrangères, , cette coopération doit reposer sur le respect mutuel, la confiance et la recherche d’intérêts communs.
Dans un contexte international marqué par des crises multiples et des défis qui dépassent les frontières nationales, Édouard Bizimana défend une vision de la coopération fondée sur ce que la diplomatie chinoise présente comme une « communauté de destin pour l’humanité ».
« Toute relation durable doit être caractérisée par le respect mutuel », estime le ministre, qui considère que la coopération entre la Chine et les pays africains ne devrait pas se limiter aux intérêts économiques, mais s’inscrire dans une relation de long terme.
Une coopération présentée comme fondée sur le respect mutuel
Pour le chef de la diplomatie burundaise, le pragmatisme, la sincérité, l’amitié et la franchise constituent des éléments essentiels de la coopération sino-africaine.
Il met notamment en avant le concept de « communauté de destin », développé par la Chine dans sa diplomatie. Cette notion repose sur l’idée que les États, malgré leurs divergences, doivent pouvoir travailler ensemble pour faire face aux défis communs et construire un avenir partagé.
« Dans le monde actuel, il est très difficile pour un État de vivre dans l’isolement ou en autarcie », souligne Édouard Bizimana.
Selon lui, les grands défis auxquels sont confrontés les pays, qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux, nécessitent davantage de coopération. Aucun État ne pouvant, à lui seul, apporter des réponses à l’ensemble de ces défis, le ministre estime que les pays doivent « apporter leur pierre à l’édifice ».
Pékin veut-elle éviter l’image d’une puissance hégémonique ?
Dans son argumentaire, le ministre burundais reprend également l’un des principaux discours de la diplomatie chinoise : celui d’une Chine qui affirme vouloir construire une coopération internationale plutôt que rechercher une domination mondiale.
« La Chine cherche ainsi à montrer qu’elle ne recherche pas seulement l’hégémonie, qu’elle ne cherche pas à dominer pour elle seule », affirme-t-il.
Cette vision s’inscrit dans le concept de « communauté de destin pour l’humanité », défendu depuis plusieurs années par les autorités chinoises. Édouard Bizimana rappelle notamment le discours prononcé par le président chinois Xi Jinping lors du dialogue de haut niveau entre le Parti communiste chinois et ses homologues étrangers en décembre 2017.
Pour le ministre, cette philosophie revient à considérer que l’avenir des nations est interdépendant et que les pays doivent donc privilégier la coopération face aux défis communs.
Cette conception de la coopération chinoise constitue toutefois un élément important du discours diplomatique de Pékin, qui cherche à renforcer ses relations avec les pays africains à travers différents mécanismes de partenariat.
Le Burundi et la Chine passent à un niveau supérieur
Cette philosophie de coopération prend une dimension particulière dans les relations entre Bujumbura et Pékin. En septembre 2024, les relations entre le Burundi et la Chine ont été élevées au rang de partenariat stratégique global.
Pour Édouard Bizimana, ce changement de statut constitue une étape importante dans l’histoire des relations bilatérales. Il traduit, selon lui, la volonté des deux pays de renforcer leur coopération sur le long terme.
Un partenariat stratégique global repose notamment sur une confiance politique mutuelle et sur la recherche d’une coopération dans plusieurs secteurs. Pour le Burundi, l’enjeu est désormais de transformer cette relation politique en projets concrets susceptibles d’avoir un impact sur la population.
Le ministre insiste ainsi sur la nécessité de consolider les acquis de la coopération sino-burundaise, mais aussi d’aller plus loin.
Des projets pour accompagner la Vision Burundi 2040-2060
Au-delà des déclarations diplomatiques, Bujumbura attend de ce partenariat qu’il contribue à ses ambitions de développement.
Le Burundi s’est fixé l’objectif de devenir un pays émergent à l’horizon 2040 et un pays développé en 2060. Dans cette perspective, Édouard Bizimana estime que des projets d’envergure doivent être initiés dans le cadre du partenariat avec la Chine.
« Ce partenariat va, bien sûr, permettre la réalisation de projets dans tous les domaines de la vie de la population », affirme-t-il.
L’enjeu sera donc de passer des engagements politiques à des réalisations concrètes dans des secteurs susceptibles de soutenir la transformation économique et sociale du pays.
Pour le ministre, la relation Burundi-Chine doit ainsi s’inscrire dans une logique de « gagnant-gagnant », fondée sur la volonté de cheminer ensemble et de renforcer les intérêts communs.
La prochaine étape consiste désormais à consolider les acquis de cette coopération et à identifier de nouveaux projets capables de contribuer aux objectifs de développement du Burundi. Pour Bujumbura, le partenariat avec Pékin apparaît ainsi comme l’un des leviers de sa stratégie de coopération internationale et de réalisation de ses ambitions à l’horizon 2040-2060.

























