La rentrée scolaire ne se prépare pas de la même manière pour tous les enfants à Bujumbura. Pour certains, le simple fait de disposer de cahiers et de fournitures peut faire la différence entre retrouver les bancs de l’école et passer davantage de temps dans la rue. Plus de 250 enfants vulnérables ont reçu du matériel scolaire à l’approche de la rentrée 2026-2027 en commune Mugere.
L’initiative, menée par l’Ambassade du Royaume du Maroc au Burundi en collaboration avec la Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi (FENADEB), concerne notamment des enfants encadrés par le Centre d’encadrement et d’éducation des enfants (CECENI) à Muzenga, ainsi que ceux de Gisyo, dans la commune de Mugere.
Derrière ces chiffres se cachent des histoires d’enfants confrontés très tôt aux difficultés économiques de leurs familles. Certains, parfois âgés de moins de dix ans, passent une partie de leur temps dans les rues de Bujumbura à vendre des arachides, des œufs ou du maïs grillé. Leur objectif est souvent simple : contribuer aux dépenses familiales ou réunir quelques moyens pour acheter leurs fournitures scolaires.
Mais cette situation peut rapidement éloigner ces enfants de l’école. Entre les heures consacrées aux petits commerces et le manque de moyens pour payer les fournitures nécessaires, le risque d’abandon scolaire demeure réelle.
Les cahiers et autres fournitures remis dans le cadre de cette initiative constituant ainsi davantage qu’un simple don de matériel. Pour ces enfants, ils représentent une possibilité de commencer l’année scolaire avec les moyens nécessaires pour apprendre, suivre les cours et rester parmi leurs camarades.
Cette action intervient alors que la pauvreté et les conditions de vie précaires continuent de fragiliser la scolarité de nombreux enfants au Burundi. Le problème dépasse donc la seule question des fournitures. Il renvoie également à la nécessité de protéger les enfants contre le travail précoce et de garantir leur accès effectif à l’éducation.
La coopération maroco-burundaise dans le domaine de l’enfance s’est également renforcée au cours des dernières années. En septembre 2025, la professeure Ghizlane Benjelloun, vice-présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), s’était rendue à Bujumbura pour échanger avec des acteurs burundais sur la protection de l’enfance.
En novembre de la même année, trois enfants burundais avaient également participé au Forum de l’enfant organisé à Rabat sur la participation des enfants au développement de l’Afrique.
À Bujumbura, la portée de ces échanges se mesure surtout à travers ce qui change dans la vie quotidienne des bénéficiaires. Pour un enfant qui risque de rester dans la rue faute de moyens, un cahier peut sembler être un objet ordinaire. Pourtant, il peut aussi représenter une porte ouverte vers l’école, l’apprentissage et un avenir différent.

























