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1 641 journalistes tués : le lourd silence de l’impunité

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, l’UNESCO alerte sur la persistance des violences contre les professionnels des médias. Entre 2006 et 2025, 1 641 journalistes ont été tués dans le monde, tandis qu’environ 86 % de ces assassinats restent impunis. Un bilan alarmant qui relance le débat sur la protection des journalistes et la lutte contre l’impunité.

La liberté de la presse continue de payer un lourd tribut à travers le monde. Informer, enquêter, dénoncer les abus ou révéler des vérités dérangeantes demeure, dans de nombreux pays, une activité à haut risque. À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée chaque 2 novembre, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la multiplication des atteintes à la sécurité des professionnels des médias et, surtout, sur l’absence de justice pour les victimes.

Les chiffres communiqués par l’organisation donnent la mesure du phénomène. Entre 2006 et 2025, pas moins de 1 641 journalistes ont été tués dans le monde, soit une moyenne d’un professionnel des médias assassiné tous les quatre jours. Plus préoccupant encore, environ 86 % de ces assassinats demeurent impunis. Autrement dit, dans la grande majorité des cas, les responsables de ces crimes échappent encore aux sanctions judiciaires.

Derrière ces statistiques se trouvent des femmes et des hommes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. Leur tort, bien souvent, aura été de vouloir informer le public, enquêter sur des faits sensibles, dénoncer la corruption ou mettre en lumière des violations des droits humains. Ces assassinats ne constituent donc pas seulement des attaques contre des individus, mais également des atteintes directes au droit du public à l’information.

Au-delà des pertes humaines, la persistance de l’impunité constitue une menace supplémentaire pour l’ensemble de la profession. Lorsque les auteurs de crimes contre les journalistes ne sont ni identifiés ni poursuivis, cela contribue à installer un climat de peur et peut favoriser de nouvelles violences. Les journalistes, notamment ceux qui travaillent dans des environnements marqués par les conflits, les tensions politiques ou la criminalité organisée, se retrouvent ainsi davantage exposés aux intimidations et aux représailles.

C’est tout l’enjeu de cette journée internationale : rappeler aux États leur responsabilité dans la protection des journalistes et l’obligation de mener des enquêtes indépendantes, sérieuses et efficaces lorsque des crimes sont commis contre eux. La lutte contre l’impunité ne saurait se limiter à des déclarations de principe. Elle exige que les auteurs et les commanditaires de ces actes soient identifiés, poursuivis et condamnés.

Car protéger les journalistes, c’est aussi protéger la liberté d’expression, le pluralisme des médias et le droit fondamental des citoyens à être informés. Tant que les crimes commis contre les professionnels des médias resteront largement impunis, la liberté de la presse continuera de s’exercer sous la menace.

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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