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Les allergies respiratoires sont provoquées par des allergènes, et non par le simple changement de climat

Les allergies respiratoires sont un groupe de maladies qui attaquent les voies respiratoires. Elles sont déclenchées par des allergènes. Le pneumologue François Ndikumwenayo s’inscrit en faux contre ceux qui prétendent que le changement de climat provoque des crises. Elles peuvent traitées par des médicaments inhalés la plupart de fois afin qu’il y ait une action directe aux poumons.

Les maladies respiratoires dites allergies respiratoires forment un groupe de 3 maladies, comme l’indique le pneumologue François Ndikumwenayo « les maladies respiratoires allergiques c’est un groupe de maladies qui affectent les voies respiratoires notamment les poumons et les voies respiratoires supérieures. Il s’agit de l’asthme sur le plan bronchique ainsi que de la rhinite et la sinusite sur le plan ORL. »

Ces allergies sont déclenchées par différents agents causals, les allergènes comme l’explique le pneumologue « les allergènes sont des substances auxquelles le patient est exposé que son corps ne tolère pas. Son corps a une sensibilité face à ces substances qui peuvent être des moisissures, des acariens, du pollen et d’autres substances. C’est-à-dire qu’une fois que le patient inhale ces substances et qu’elles entrent en contact avec la muqueuse nasale ou bronchique, elles provoquent une réaction inflammatoire et celle-ci va résulter en ce que la muqueuse bronchique soit épaissie, secrète plus de sécrétion et que les muscles se contractent. »

Les signes cliniques de ces allergies

Les allergies respiratoires sont caractérisées par des symptômes qui diffèrent de par la partie du corps affectée « cliniquement le patient va présenter un gène respiratoire, avec sifflement compléter par une toux. En ce moment-là, on parlera de l’asthme. Au niveau du nez, le patient aura des éternuements en salve, qui se répètent d’une manière intensive avec une rhinorrhée aqueuse qui ne se coagule pas et coule comme de l’eau. Il y a une sorte d’obstruction nasale, un picotement ORL qui être compléter par un picotement des yeux et cela se fait de manière répétitive, à chaque fois que le patient est exposé à ces allergènes » dixit Ndikumwenayo.

Les allergies respiratoires ont des facteurs aggravants c’est notamment « l’exposition à des substances irritantes entre autres les gaz dont la fumée de diesel, les parfums. Il faut que ces substances aient été inhalées et en ce moment-là la crise se déclare dans les 10 à 15 minutes voire 20 minutes. Le patient commence à avoir un gène respiratoire » comme le précise le pneumologue François Ndikumwenayo.

Nuance avec certains préjugés

Cependant, ce médecin s’inscrit en faux contre ceux qui prétendent que le changement de climat provoque des crises. « Certains patients se plaignent que le changement météorologique à un impact sur le plan respiratoire alors que ce n’est pas toujours évident que cela a des conséquences. Ce n’est pas par ce qu’il y a un nuage à l’horizon que vous vous dites que vous allez faire une crise. Ou encore que vous voyez de la pluie à distance que vous allez tomber malade. Ou encore quelqu’un qui dort pendant la nuit qui fait une crise qu’il y a changement de météo dehors. Là alors il n’y a pas de changement étant donné que la personne n’est pas encore sortie de sa chambre ».

Le pneumologue clarifie plutôt et montre dans quel cas exactement ces crises se déclenchent « ce changement météorologique est sensible quand il y a une variation météo de la température qui chute, quand tout le monde cherche à se couvrir, sent qu’il y a du froid. Pour quelqu’un qui est disposé à avoir un problème allergique, en ce moment il peut avoir une crise. Il ne va pas supporter comme les autres ce froid. Sinon, à d’autres moments aussi les crises peuvent se déclencher. Lorsqu’il n’a pas plu depuis une longue période et qu’il pleut à grosses gouttes, cela ramasse la poussière et tout le monde peut sentir que l’air que nous respirons est pollué. Pour les sujets déjà asthmatiques ou ayant des rhinites, ils vont développer des crises. Dès que la pluie tombe massivement, l’air va se purifier et l’exposition va se terminer ».

Les prédispositions aux allergies respiratoires

Ndikumwenayo revient sur les risques prédisposant aux allergies respiratoires «ne pas avoir allaiter son enfant pendant au minimum 6 mois. Ne pas laisser son enfant entrer en contact avec son environnement dès le bas âge. » Il souligne insister sur cela car « il y a une approche dans le milieu urbain burundais, de ne pas laisser les enfants sortir de la maison par ce qu’ils sont petits, pour éviter soi-disant qu’ils rencontrent des courants d’air. Alors qu’en sortant, aussi longtemps que l’enfant a des anticorps maternels, ils lui permettent de s’adapter à son environnement le plus tôt. Mais aussi une alimentation équilibrée peut aider. » Ce médecin encourage les parents à diversifier l’alimentation de l’enfant qui doit comprendre non seulement les aliments qui coupent la faim mais aussi qui apportent des vitamines et des sels minéraux généralement les fruits et les légumes.

Quel traitement alors à ces allergies respiratoires.

Le traitement des allergies respiratoires dépend de la sorte d’allergie, la plupart devant être inhalées mais il existe d’autres médicaments injectables selon le pneumologue François Ndikumwenayo. « Pour l’asthme par exemple, le meilleur traitement c’est un spray bronchodilatateur le Salbutamol, le béclométhasone (Beclo-Asma). Un médicament inhalé quel que soit l’âge du patient. Il existe aussi des formes injectables, on les utilise mais ils s’accompagnent des effets secondaires c’est pour cela que l’on a opté pour la voie inhalée, la voie directe qui arrive aux poumons. Pour les rhinites et les sinusites allergiques là aussi il y a des sprays destinés à cela. Si jamais, les médicaments ne suffisent pas, la gestion de la maladie relève de la compétence du médecin ».

Ce médecin insiste que des remèdes naturels ne soient pas pris comme traitement du moment qu’ils ne soignent pas ces allergies.

Le pneumologue précise à partir de quel âge l’on peut attraper chacune de ces allergies respiratoires « l’asthme commence très tôt dans la vie, même à moins de 6 mois. La rhinite allergique n’arrive qu’au-delà de 3ans pas vraiment avant l’âge de 2 ans. Car la rhinite se déclare après maturation de la muqueuse nasale. Et la sensibilité de la muqueuse à ces allergènes n’est pas précoce ».

Certaines allergies respiratoires peuvent être guéries tandis que pour d’autres sont chroniques, le patient ou la patiente devant aller consulter pour vérifier son état de santé afin d’adapter son traitement. « Il y a des études qui ont prouvé que 80 % des enfants qui ont développé de l’asthme avant l’âge de 12 ans atteignent cet âge après avoir guéri de leur asthme et la guérison définitive. Ce que je vois en pratique, c’est que les enfants asthmatiques évoluent avec leur asthme pendant 3 à 5 ans. Après, ils n’ont plus de problème respiratoire. »

En ce qui est des rhinites et des sinusites, le pneumologue ajoute que « notre corps s’adapte au fur et à mesure. C’est-à-dire que le corps fini par se désensibiliser à ces allergènes du moment que l’allergène soit identifié, que ce soit 1 ou 2 allergènes, un à la fois, le patient peut être désensibiliser à tel point qu’il n’a plus de sensibilité à ces substances. »

Des enfants ayant eu des allergies respiratoires très jeunes, peuvent revivre des signes de difficultés respiratoires vers l’adolescence.  Le pneumologue François Ndikumwenayo appelle alors à la vigilance, et à plutôt rechercher la maladie qui fait qu’ils toussent, qu’ils respirent mal.

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