Des agriculteurs de la zone de Rukaramu, en commune de Ntahangwa, dans la province de Bujumbura, affirment avoir répondu à l’appel des autorités en privilégiant l’utilisation des engrais organiques. Toutefois, ils estiment que cette solution, utilisée seule, ne leur permet pas d’obtenir des récoltes satisfaisantes. Ils soulignent également que l’accès au fumier organique reste difficile pour de nombreux cultivateurs, notamment ceux qui ne possèdent ni bétail pour produire du fumier ni bananeraies permettant de fabriquer du compost.
Face à la pénurie persistante de l’engrais chimique FOMI, ces agriculteurs disent n’avoir eu d’autre choix que de se tourner vers le fumier organique. Depuis plusieurs saisons culturales, ils dénoncent les difficultés à se procurer cet engrais chimique au moment opportun, une situation qui compromet leurs activités agricoles.
« L’engrais FOMI est introuvable. Nous l’avons cherché partout, mais sans succès », raconte un agriculteur de Rukaramu.
Son expérience illustre les difficultés rencontrées sur le terrain.
« Nous sommes allés dans toutes les boutiques où nous avions l’habitude d’en acheter, mais partout on nous a répondu qu’il n’y en avait plus. N’ayant pas d’autre solution, j’ai utilisé du fumier de porc. Je l’ai épandu sur mes cultures et, quelques jours plus tard, elles ont commencé à se dessécher. Je ne sais pas si je l’ai mal appliqué. Pourtant, j’ai continué à arroser régulièrement, mais les plantes ont continué à sécher », témoigne-t-il.
Au-delà de son efficacité, plusieurs cultivateurs soulignent que le fumier organique lui-même devient difficile à trouver.
« Oui, le fumier organique est utile. Mais, utilisé seul, il ne donne pas les résultats attendus. De plus, tout le monde n’y a pas accès. Si vous n’élevez pas de bétail, il est pratiquement impossible d’en obtenir », explique un autre agriculteur de Rukaramu.
Certains producteurs affirment également que le fumier provenant des vaches et des porcs est devenu une ressource très recherchée. Selon eux, il fait désormais l’objet d’un commerce et serait même acheté par l’usine FOMI, ce qui contribuerait à sa rareté sur le marché local.
Depuis le début de la pénurie des engrais chimiques, dont les quantités restent insuffisantes pour répondre aux besoins des producteurs, les autorités burundaises encouragent les agriculteurs à recourir davantage aux engrais organiques comme solution alternative. Sur le terrain, les cultivateurs reconnaissent l’intérêt de cette approche, mais estiment qu’elle ne peut produire les résultats espérés sans un accès suffisant aux intrants chimiques et à un accompagnement technique adapté.
























