Près d’un an après les premières exportations officielles de minerais burundais, de nombreux habitants de Bujumbura disent toujours ignorer les recettes générées par cette activité ainsi que leur destination. Alors que les autorités présentent le secteur minier comme un moteur de la relance économique, plusieurs citoyens affirment ne percevoir aucun impact concret sur leur quotidien, marqué par la cherté persistante de la vie.
Près d’un an après le début des exportations de minerais burundais, plusieurs habitants de la ville de Bujumbura affirment ne disposer d’aucune information sur les recettes générées par cette activité. S’ils reconnaissent que différents minerais ont déjà été exploités et exportés, ils s’interrogent sur les bénéfices réels pour la population et demandent davantage de transparence.
Pour ces citoyens, l’exploitation minière est une réalité connue. En revanche, les revenus qu’elle génère demeurent, selon eux, inconnus.
« Moi, je ne connais pas les bénéfices qui viennent des minerais. Au départ, on nous avait dit que leur exportation allait profiter aux citoyens. Mais jusqu’à présent, personne ne nous a expliqué combien d’argent a été obtenu ni à quoi il a servi », témoigne un habitant de Bujumbura.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement présente le secteur minier comme l’un des moteurs de la relance économique. L’exploitation et l’exportation des minerais ont notamment été évoquées comme une réponse à plusieurs difficultés, notamment la pénurie de carburant, le manque de devises et la hausse des prix des produits de première nécessité.
Cependant, pour de nombreux habitants interrogés, les effets de cette stratégie restent peu perceptibles dans leur quotidien.
« Je vois seulement que les prix continuent d’augmenter. Je ne remarque aucun changement. C’est pourquoi je me demande où vont les bénéfices de l’exportation des minerais », confie un autre citoyen.
Selon eux, une amélioration du pouvoir d’achat ou une baisse du coût de la vie constituerait un indicateur concret des retombées économiques du secteur minier.
« Les prix de nombreux produits ne baissent pas, ils continuent même d’augmenter. Si l’argent provenant des minerais était réellement disponible, il devrait contribuer à rendre les denrées alimentaires plus abordables », estime un autre habitant.
Ces citoyens appellent ainsi les autorités à communiquer davantage sur les revenus issus des exportations minières et sur leur affectation.
« Si les minerais sont exportés, les autorités devraient nous dire combien d’argent a été obtenu et dans quels projets il est investi », plaident-ils.
Pour rappel, au début du mois d’octobre 2025, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, avait officiellement lancé l’exportation de plusieurs types de minerais. Une première cargaison de 260 tonnes d’améthyste et de quartz avait alors quitté le pays.
Quelques semaines plus tard, une seconde exportation portant sur 175 tonnes de wolframite, de coltan et de cassitérite avait été réalisée. Aucune information officielle n’avait toutefois été rendue publique concernant la valeur financière de ces cargaisons.
Au début de cette semaine, le ministre ayant les Mines dans ses attributions, Hassan Kibeya, a annoncé que plus de 1 035 tonnes de minerais avaient déjà été exportées. Il a également indiqué que les recherches se poursuivraient afin d’identifier de nouveaux sites miniers dans plusieurs provinces du pays.
En attendant davantage de précisions sur les recettes générées par ces exportations, les citoyens interrogés continuent de réclamer plus de transparence sur la gestion des revenus du secteur minier et sur leur contribution au développement du pays.























