A la UneAgricultureFrenchhomepageSociété

À Nyabiraba, la sécheresse pousse les agriculteurs à porter l’eau pour sauver leurs cultures

À Nyabiraba, en commune Rwibaga, dans la province de Bujumbura, la sécheresse prolongée met à rude épreuve les agriculteurs. Faute de moyens modernes d’irrigation, certains parcourent de longues distances pour transporter de l’eau jusqu’à leurs champs, tandis que d’autres renoncent à certaines cultures. Ils appellent les autorités à renforcer les dispositifs d’irrigation afin de préserver leurs récoltes et leurs moyens de subsistance.

Une des femmes rencontrées, elle vient de poser son récipient d’eau après avoir arrosé son champ d’amarante. Essoufflée, cette femme âgée montre les plants autour d’elle. Certains ont perdu leur couleur verte et commencent à jaunir. D’autres sont déjà desséchés sous l’effet de la chaleur.

Pour maintenir ses cultures en vie, elle doit chaque jour aller chercher de l’eau, parfois à une grande distance de son champ. Une tâche devenue particulièrement éprouvante depuis que les sources d’eau utilisées habituellement pour l’irrigation commencent à s’assécher.

« Ils les plantent puis les irriguent, surtout durant cette période où il n’a pas encore plu », explique-t-elle.

Derrière ces quelques plants d’amarante se joue une partie de son quotidien. Comme beaucoup d’agriculteurs de cette localité, elle dépend de ses récoltes pour assurer ses revenus et contribuer à l’alimentation des familles. Ici, les parcelles accueillent habituellement plusieurs cultures : amarantes, tomates, aubergines, haricots et maïs.

« Ici, on y plante des amarantes, des tomates, des aubergines, mais aussi des haricots », témoigne un agriculteur.

Mais cette année, l’eau manque. La sécheresse prolongée a entraîné l’assèchement de plusieurs sources utilisées pour irriguer les champs. Pour les agriculteurs, chaque jour sans pluie complique davantage le travail et bouleverse le calendrier agricole.

Des semis retardés par le manque d’eau

Dans certains champs, le maïs et les haricots n’ont toujours pas été semés. À cette période de l’année, ces cultures auraient pourtant déjà dû être mises en terre.

Attendre devient alors une nécessité. Semer sans disposer de suffisamment d’eau, c’est prendre le risque de voir les graines ne pas germer et de perdre le peu de ressources investies dans la culture.

« Ils les auraient déjà plantés à cette période, mais, en raison de la persistance de la sécheresse, ils ont préféré attendre. Sinon, actuellement, les haricots seraient déjà en phase de germination », explique un agriculteur.

Pour ces cultivateurs, la sécheresse ne se résume donc pas à l’absence de pluie. Elle signifie aussi des journées de travail supplémentaires, des cultures retardées et l’incertitude quant à la prochaine récolte.

Porter l’eau sur la tête pour sauver les cultures

Dans son champ, la femme âgée poursuit pourtant ses efforts. Lorsqu’elle veut arroser ses amarantes, elle doit d’abord se rendre jusqu’à un point d’eau, remplir son récipient, puis revenir avec l’eau portée sur la tête.

Un geste simple en apparence, mais qui devient épuisant lorsqu’il faut le répéter régulièrement pour maintenir les cultures en vie.

« Avant, on utilisait des outils de drainage, mais il n’y en a plus maintenant. Si tu veux irriguer maintenant, tu puises et transportes l’eau sur la tête. S’il y avait des enrouleurs, ce serait facile », déplore-t-elle.

Son souhait est simple : disposer d’un système d’irrigation qui lui permettrait de réduire la distance à parcourir et la pénibilité du travail. Pour elle, des équipements modernes pourraient faire la différence entre une culture qui survit et une parcelle qui se dessèche.

Quand la sécheresse menace aussi les marchés

Les difficultés commencent dans les champs, mais leurs conséquences peuvent dépasser les limites des parcelles. Une partie des légumes et des fruits produits dans cette localité est acheminée vers les marchés de Bujumbura, où ils contribuent à l’approvisionnement des consommateurs.

Lorsque les agriculteurs retardent les semis ou peinent à maintenir leurs cultures, c’est donc toute une chaîne qui peut être affectée : du producteur qui cherche de l’eau au consommateur qui attend les produits sur les marchés.

En attendant le retour des pluies, les agriculteurs continuent de faire avec les moyens dont ils disposent. Dans leurs champs, chaque seau d’eau compte. Chaque plant sauvé représente l’espoir d’une récolte à venir.

 

What's your reaction?

Related Posts

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE