Entre compréhension de la mesure et contraintes du quotidien, les conducteurs de motos, de mobylettes et de vélos de la ville de Bujumbura saluent l’opération de vérification de l’authenticité des autorisations spéciales de circulation. Ils demandent toutefois aux autorités de prolonger le délai prévu pour cette opération et de multiplier les centres de vérification afin de permettre à tous d’y participer sans perturber leurs activités.
Mercredi matin, devant l’un des sites de vérification, l’affluence reste modérée. Les conducteurs se succèdent, documents en main, attendant leur tour. Tous reconnaissent l’importance de cette opération destinée à assainir le système des autorisations de circulation.
« Nous avons bien accueilli cette mesure, car les autorités nous ont expliqué qu’il existait des irrégularités. Certaines personnes avaient fabriqué de fausses autorisations. Elles veulent donc remettre de l’ordre, et nous comprenons cette décision », explique Guy Remesha, conducteur de mobylette, communément appelée « Jeho Kuki ».
Si le principe de l’opération ne fait pas débat, son organisation suscite en revanche quelques préoccupations.
Pour plusieurs conducteurs, consacrer une journée à cette démarche n’est pas toujours évident. Les motos et les vélos constituent souvent leur principal outil de travail et leur unique source de revenus.
« Le délai est insuffisant compte tenu de nos activités », estime Yann Akimana, propriétaire d’un vélo. Selon lui, de nombreux conducteurs risquent de ne pas pouvoir se présenter le jour prévu pour leur zone.
Au-delà du prolongement du délai, il propose également un rapprochement des services de vérification.
« Les vérifications devraient aussi être organisées dans les quartiers. Cela faciliterait les démarches pour ceux qui travaillent toute la journée. Il faudrait également augmenter le nombre d’agents afin d’accélérer les contrôles, car il y a beaucoup de conducteurs et de véhicules concernés », suggère-t-il.
Guy Remesha partage cet avis.
« Ceux qui disposent de temps peuvent facilement accomplir les formalités. Mais beaucoup d’entre nous travaillent du matin au soir. Un prolongement du délai permettrait à chacun de régulariser sa situation sans perdre une journée de travail », plaide-t-il.
Tous les conducteurs ne partagent cependant pas cette inquiétude.
Pour Eliam Ninziza, conducteur de moto, le délai prévu est suffisant, à condition que les usagers ne tardent pas à se présenter.
« Je viens de quitter le site de vérification où nous n’étions que quatre personnes. Pendant les dix minutes que j’y ai passées, il n’y avait pratiquement pas d’attente. Le problème, c’est que beaucoup de Burundais aiment remettre les choses à la dernière minute », observe-t-il.
Lors du lancement de cette campagne, le gouverneur de la province de Bujumbura, Aloys Ndayikengurukiye, avait déjà laissé entendre qu’une certaine souplesse serait possible.
Selon le calendrier officiel, les opérations d’enregistrement et de vérification se déroulent du 3 au 28 août 2026, avec une journée réservée à chaque zone. Toutefois, le gouverneur a indiqué que si cette durée s’avérait insuffisante, elle pourrait être prolongée de deux ou trois jours dans les zones où le nombre de conducteurs restant à servir serait encore important.
Il a également précisé que les nouvelles autorisations seront remises dans les zones de résidence des bénéficiaires.
« Après les vérifications, ceux dont les dossiers seront en règle récupéreront leurs documents au niveau de leur zone de résidence », a déclaré Aloys Ndayikengurukiye.
En attendant une éventuelle prolongation du calendrier, les conducteurs espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte. Tous disent partager le même objectif : lutter contre les fraudes tout en permettant aux usagers de régulariser leur situation sans compromettre leur activité quotidienne.

























