La modernisation à la chinoise repose sur un principe fondamental : l’innovation scientifique et technologique. À l’aube du 15e Plan quinquennal, cette orientation devient plus que jamais une priorité stratégique. L’objectif fixé par les autorités chinoises est clair : faire de la Chine une puissance mondiale des sciences et des technologies d’ici 2035.
Depuis le début de cette nouvelle phase de développement, le secrétaire général Xi Jinping a multiplié les initiatives et les décisions visant à accélérer l’autonomie technologique du pays, à renforcer la recherche fondamentale et à préparer les industries d’avenir. Cette stratégie s’articule autour de trois axes majeurs : l’innovation nationale, le renforcement des capacités scientifiques et l’ouverture internationale.
Le XXe Congrès du Parti communiste chinois a fixé un objectif ambitieux : atteindre un haut niveau d’autonomie scientifique et technologique à l’horizon 2035. Avec seulement neuf années restantes pour atteindre cette échéance, le 15e Plan quinquennal apparaît comme une étape décisive.
Pour les dirigeants chinois, la capacité d’innovation déterminera non seulement la compétitivité économique du pays, mais également sa place dans la nouvelle révolution industrielle mondiale. Selon Xi Jinping, « le degré de percée scientifique et technologique détermine en grande partie la vitesse, l’étendue et la profondeur du développement industriel à l’avenir ».
Cette vision place les sciences et les technologies au cœur de la stratégie nationale de modernisation.
Le « nouveau trio » de l’innovation
Dès les premiers mois du 15e Plan quinquennal, trois initiatives majeures illustrent cette priorité accordée à l’innovation.
La première est la séance d’étude collective du Bureau politique du Comité central du PCC consacrée au développement des industries du futur. Xi Jinping y a insisté sur la nécessité d’anticiper les mutations technologiques, de valoriser les avantages comparatifs du pays et d’accélérer les percées dans les secteurs émergents.
La deuxième initiative est la visite du parc national d’innovation en technologies de l’information de Yizhuang, à Beijing. Le secrétaire général y a découvert les dernières avancées en intelligence artificielle, robotique et technologies numériques. À cette occasion, il a rappelé que l’indépendance scientifique et technologique constituait l’un des piliers de la construction d’un grand pays socialiste moderne.
Enfin, un symposium consacré au renforcement de la recherche fondamentale s’est tenu à Shanghai. Première grande réunion scientifique organisée dans le cadre du nouveau plan quinquennal, elle a mis l’accent sur l’importance des innovations originales. Xi Jinping y a appelé à accroître les investissements dans la recherche fondamentale afin de renforcer durablement les capacités d’innovation de la Chine.
À travers ce « nouveau trio » — réflexion stratégique, innovation industrielle et recherche fondamentale — les autorités chinoises affichent leur volonté de bâtir une base scientifique solide pour soutenir la modernisation nationale.
Une conférence nationale pour tracer la feuille de route
Le 8 juillet, Beijing a accueilli une importante conférence nationale consacrée aux sciences et aux technologies. Cet événement a réuni la cérémonie de remise des Prix nationaux des sciences et des technologies, l’assemblée des académiciens des Académies chinoises des sciences et d’ingénierie ainsi que le Congrès national de l’Association chinoise pour la science et la technologie.
À cette occasion, Xi Jinping a remis la plus haute distinction scientifique nationale aux académiciens Chen Liquan et Ben De, saluant leurs contributions exceptionnelles au développement scientifique du pays.
Au-delà de la reconnaissance des chercheurs, cette conférence a permis de réaffirmer les grandes orientations du 15e Plan quinquennal. Le secrétaire général a rappelé que la communauté scientifique constitue une force essentielle pour faire de la Chine une grande puissance technologique et a encouragé les chercheurs à poursuivre leurs travaux dans les domaines les plus innovants.
Depuis le XVIIIe Congrès du Parti, la Chine affirme avoir réalisé des progrès historiques dans les domaines scientifiques et technologiques, accélérant sa transition du statut de participant à celui d’acteur majeur de l’innovation mondiale.
Shanghai, vitrine de l’ouverture chinoise en matière d’intelligence artificielle
L’innovation ne se limite pas au développement intérieur. Les autorités chinoises souhaitent également jouer un rôle moteur dans la gouvernance mondiale des nouvelles technologies.
Le 17 juillet, Xi Jinping a participé à l’ouverture de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle 2026 et de la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’IA, organisées à Shanghai.
Dans son allocution, il a présenté la vision chinoise du développement de l’intelligence artificielle, fondée sur une approche centrée sur l’être humain, le partage des bénéfices technologiques et une gouvernance internationale équitable.
Le président chinois a souligné que l’IA devait devenir « une grande force motrice de la prospérité partagée et de la sécurité commune », appelant les différents pays à bâtir ensemble un système mondial de gouvernance de cette technologie.
La création officielle de l’Organisation mondiale de coopération en matière d’intelligence artificielle à Shanghai constitue, selon les autorités chinoises, une étape importante dans cette ambition internationale.
Vers une puissance scientifique mondiale
Qu’il s’agisse de renforcer la recherche fondamentale, d’accélérer le développement de l’intelligence artificielle, de maîtriser les technologies clés ou de préparer les industries du futur, toutes les initiatives engagées depuis le lancement du 15e Plan quinquennal répondent à une même ambition : faire de l’innovation le principal moteur de la modernisation à la chinoise.
Sous la direction du Comité central du Parti communiste chinois, la stratégie scientifique nationale entend soutenir durablement la croissance économique, renforcer l’autonomie technologique du pays et accroître son influence dans la gouvernance mondiale des nouvelles technologies.
À l’horizon 2035, la Chine ambitionne ainsi de s’imposer comme une puissance scientifique et technologique de premier plan, faisant de l’innovation l’un des fondements de son développement et de son renouveau national.

























