Près de deux ans après la mise en œuvre du régime de réduction des taxes sur 66 produits échangés entre le Burundi et la RDC, les commerçants de Gatumba saluent les facilités accordées, mais dénoncent encore certaines contraintes administratives. Entre documents exigés, problèmes de connexion et accès inégal aux laissez-passer, ils appellent à davantage de mesures pour fluidifier le commerce transfrontalier.
Voilà bientôt deux ans que le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC) appliquent un programme de réduction des taxes sur 66 produits d’origine échangés entre les deux pays. Une mesure qui facilite les échanges transfrontaliers, notamment au poste de Gatumba, même si les commerçants font encore face à plusieurs obstacles administratifs.
Tomates, aubergines, arachides et autres produits agricoles peuvent désormais traverser la frontière avec une charge fiscale réduite. Une évolution saluée par les commerçants qui exercent régulièrement des activités d’import-export entre les deux pays.
« Les produits que j’exporte n’ont jamais été taxés, il n’y a donc aucun problème », explique une commerçante burundaise.
Malgré ces facilités fiscales, certaines difficultés persistent. Les documents attestant l’origine des marchandises, ainsi que ceux liés à leur conformité aux normes et aux exigences de qualité, peuvent notamment compliquer le passage de certains produits à la frontière.
Pour les commerçants, la simplification de ces procédures constitue donc un enjeu important pour fluidifier davantage les échanges entre le Burundi et la RDC.
Ils fondent notamment leurs espoirs sur les nouvelles infrastructures prévues au poste-frontière de Gatumba dans le cadre du programme RCOS de la COMESA. Ces installations devraient contribuer à améliorer les conditions de passage et à faciliter l’accès aux avantages fiscaux prévus dans le cadre du dispositif.
Le laissez-passer « Ujirani Mwema » facilite les déplacements
Parallèlement, certains commerçants utilisent depuis une semaine un laissez-passer délivré dans le cadre de l’initiative « Ujirani Mwema ». Valable pour une journée, ce document vise à faciliter les déplacements des personnes qui exercent des activités commerciales de part et d’autre de la frontière.
Les bénéficiaires apprécient cette mesure, mais souhaitent que la durée de validité du laissez-passer soit prolongée à au moins trois jours. Ils invoquent notamment les problèmes récurrents de connexion Internet, qui peuvent compliquer les démarches et ralentir les déplacements.
Ils demandent également que le dispositif soit étendu aux commerçants qui n’ont pas encore pu en bénéficier.
« Avant, nous payions 2 000 francs aux policiers pour nous laisser passer. Mais depuis l’utilisation de cette carte, nous passons sans entraves. Nous sommes plusieurs à ne pas encore l’avoir et nous ne pouvons pas franchir la frontière. Sans la carte, on nous demande un laissez-passer », témoigne une commerçante.
Elle estime que les autorités devraient permettre à tous les commerçants concernés d’accéder à ce document.
« Nous demandons donc que les cartes soient également attribuées à ceux qui n’en ont pas encore bénéficié. Certains étaient hospitalisés et d’autres avaient été déplacés à la suite des inondations au moment où les listes des bénéficiaires étaient établies », poursuit-elle.
Malgré ces difficultés, les commerçants qui disposent déjà du laissez-passer saluent son impact sur leurs déplacements.
« Nous saluons le fait que cette carte facilite les déplacements de ceux qui l’ont déjà obtenue », ajoute la commerçante.
Lors du lancement du régime RCOS, la ministre Marie Chantal Nijimbere, d’alors chargée du Commerce, avait précisé que le dispositif visait principalement les commerçants regroupés en associations.
Pour les acteurs du commerce transfrontalier, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les mesures de facilitation des échanges soient pleinement accessibles aux petits commerçants et que les procédures administratives soient davantage simplifiées.
À Gatumba, la réduction des taxes et la mise en place de nouveaux mécanismes de facilitation constituent ainsi des avancées pour le commerce entre le Burundi et la RDC. Mais leur efficacité dépendra aussi de la capacité à lever les obstacles administratifs et à garantir un accès équitable à ces dispositifs.






















