Malgré sa proximité avec le lac Tanganyika, la colline Kibungo, située dans la commune de Muhuta, fait face à une grave pénurie d’eau potable. Dépourvus de bornes-fontaines, les habitants sont contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner, tandis que d’autres n’ont d’autre choix que de recourir aux eaux boueuses du ruisseau Mwambuko. Une situation qui ravive la peur du choléra, une maladie qui y sévit régulièrement pendant la saison des pluies.
À Kibungo, vivre au bord du lac Tanganyika ne garantit pas l’accès à l’eau potable. Dans cette localité, les habitants de la cellule Kizoba vivent quotidiennement le paradoxe d’une abondance apparente d’eau et d’un manque criant d’eau propre à la consommation. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, aucune borne-fontaine n’est installée sur cette colline.
« Nous manquons d’eau potable dans notre localité. Nous sommes obligés de nous rendre au centre de Gitaza avec des bidons pour nous approvisionner », témoigne un sexagénaire rencontré sur place.
Face à cette pénurie, certains habitants se rabattent sur les eaux du ruisseau Mwambuko. Mais cette solution de fortune devient particulièrement préoccupante pendant la saison des pluies. En raison des crues, les eaux du ruisseau se chargent de boue et se mêlent à celles du lac Tanganyika, les rendant impropres à plusieurs usages domestiques.
« Regardez l’état de l’eau du lac, elle est trouble. Cela nous cause beaucoup de difficultés, notamment pour faire la lessive et préparer les repas. Nous utilisons l’eau de ce ruisseau, mais pendant la saison des pluies, elle devient impropre à la consommation à cause de la boue », explique une mère célibataire de trois enfants. Et d’ajouter : « Nous n’avons jamais eu de bornes-fontaines sur cette colline. »
Au-delà des difficultés quotidiennes, cette situation constitue une source d’inquiétude pour la santé publique. La consommation d’eau insalubre et le manque d’accès à l’eau nécessaire à l’hygiène exposent les habitants à diverses maladies hydriques, notamment le choléra. Une menace qui préoccupe particulièrement la population, d’autant plus que cette maladie est régulièrement signalée dans la localité pendant la saison des pluies.
Face à cette situation, les habitants lancent un appel aux autorités gouvernementales afin que des infrastructures d’approvisionnement en eau potable soient installées dans leur localité. Pour eux, améliorer l’accès à l’eau potable est également un moyen de prévenir les risques sanitaires.
Une préoccupation que partage Samson NDIMURWANKO, l’un des responsables locaux. Il affirme avoir déjà saisi les autorités hiérarchiques au sujet de ce problème, mais attendre toujours leur réaction.
Contacté par téléphone ce mercredi, l’administrateur communal de Muhuta, Philemon NGOROYIMANA, a indiqué qu’il était occupé par d’autres obligations.
En attendant une éventuelle intervention des autorités, les habitants de Kibungo continuent de subir les conséquences de l’éloignement des points d’approvisionnement en eau. Pour atteindre une borne-fontaine située au marché de Gitaza, ils doivent parcourir environ deux heures de trajet. Certains choisissent de s’y rendre à moto, moyennant 5 000 francs burundais.
À Kibungo, le lac Tanganyika est tout proche, mais l’eau potable reste inaccessible à de nombreuses familles. Entre pénurie d’eau et crainte du choléra, les habitants attendent des réponses concrètes avant que la situation ne s’aggrave.

























