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Les agrumes se raréfient, les prix s’envolent

À Bujumbura, les oranges et les mandarines deviennent de plus en plus rares sur les étals. En cause, une baisse de la production qui fait bondir les prix. Commerçants comme consommateurs disent subir les conséquences de cette situation et appellent à des solutions durables pour sauver les vergers et préserver l’accès à ces fruits.

Les oranges et les mandarines, autrefois accessibles à la majorité des ménages burundais pendant la saison de récolte, sont désormais devenues des produits de plus en plus coûteux. Sur les marchés de Bujumbura, commerçants et consommateurs constatent une flambée des prix liée à une importante baisse de la production, une situation qui bouleverse leurs habitudes et fragilise leurs revenus.

Sur les différents marchés de la capitale économique, les vendeurs décrivent une saison particulièrement difficile. Ils expliquent qu’un sac d’oranges ou de mandarines qui coûtait environ 30 000 francs burundais les années précédentes s’achète aujourd’hui à plus de 100 000 francs, selon la qualité et la taille des fruits.

« La production a sensiblement chuté. Autrefois, nous achetions facilement nos marchandises et nous réalisions de bons bénéfices. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous avons perdu une partie de notre clientèle parce que les prix sont devenus trop élevés », témoignent plusieurs commerçants.

Cette hausse des prix réduit fortement leurs marges bénéficiaires. Certains affirment avoir choisi de délaisser ce commerce pour se tourner vers d’autres produits plus rentables.

« Avant, nous pouvions gagner au moins 30 000 francs sur un sac. Aujourd’hui, le bénéfice dépasse rarement 10 000 francs, et il arrive même que nous perdions notre capital », expliquent-ils.

À cette difficulté s’ajoute la concurrence des commerçants qui achètent ces fruits pour les exporter vers la République démocratique du Congo.

« Face à des prix aussi élevés, nous ne pouvons plus rivaliser avec les acheteurs qui exportent. Nous leur laissons le marché », reconnaissent-ils.

Pour les vendeurs, cette baisse de la production s’explique principalement par les maladies qui affectent les orangers et les mandariniers, mais aussi par le manque d’entretien de certains vergers.

« Une maladie s’attaque aux arbres. Certains fruits ne contiennent même plus de jus. Des orangers cessent de produire après seulement deux ans, alors qu’ils devraient être productifs pendant bien plus longtemps. Beaucoup de plantations ne sont plus suffisamment entretenues », regrettent-ils.

Les consommateurs ressentent eux aussi les effets de cette pénurie. Dans un contexte où le coût de la vie reste élevé, nombreux sont ceux qui renoncent à acheter ces fruits pour privilégier des produits alimentaires de première nécessité.

« Je ne peux plus dépenser 5 000 francs pour acheter des oranges alors que cette somme peut servir à acheter un kilo de riz pour nourrir ma famille. Les oranges et les mandarines sont devenues un luxe », confie un père de famille rencontré sur un marché de Bujumbura.

Face à cette situation, commerçants et consommateurs lancent un appel aux autorités compétentes. Ils souhaitent qu’une lutte efficace soit engagée contre les maladies qui ravagent les vergers afin de relancer la production. Ils demandent également que le marché national soit suffisamment approvisionné avant toute exportation, afin de garantir aux Burundais un meilleur accès à ces fruits.

Au Burundi, la récolte des oranges et des mandarines s’étend généralement de juin à août. Une grande partie des fruits commercialisés à Bujumbura provient des régions de l’Imbo et de Rumonge. Pour de nombreux acteurs de la filière, sauver les vergers est aujourd’hui indispensable, non seulement pour préserver les revenus des producteurs et des commerçants, mais aussi pour permettre aux ménages de retrouver des fruits autrefois considérés comme accessibles à tous.

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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