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« Pourquoi rembourser l’argent au lieu de livrer l’engrais ? » : l’ALUCHOTO interpelle l’État

Le remboursement des sommes versées par les agriculteurs pour l’achat d’engrais suscite des interrogations au sein de  l’Association pour la lutte contre le chômage et la torture au Burundi (ALUCHOTO). Vianney Ndayisaba, coordinateur national, conteste cette décision et demande aux élus de défendre les intérêts des citoyens. Il s’interroge également sur le devenir des fonds engagés par l’État et sur le sort des commandes payées au cours des années précédentes.

« Comment un citoyen peut-il récupérer son argent alors qu’il avait déjà commandé de l’engrais ? Les citoyens sont en train de se plaindre », s’interroge Vianney Ndayisaba.

Le coordinateur de l’ALUCHOTO s’exprimait le 17 octobre 2026, lors d’un point de presse animé. À cette occasion, il a appelé les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat à intervenir en faveur des agriculteurs qui attendent toujours leur engrais, alors que la saison des pluies approche.

Pour lui, la priorité devrait être de permettre aux agriculteurs de recevoir les produits qu’ils ont commandés et payés, plutôt que de procéder à des remboursements dont les modalités soulèvent des questions.

« Je me demande si le ministre, dans ses attributions qui comprennent notamment l’agriculture, a déjà échangé avec le gouvernement », a déclaré Vianney Ndayisaba, appelant ainsi à davantage de concertation entre les responsables concernés.

Le devenir des fonds au cœur des interrogations

Au-delà de la décision de remboursement, l’ALUCHOTO s’interroge sur le transfert des sommes versées par les agriculteurs à la FOMI, l’entreprise concernée par la production d’engrais.

« Nous pensions que cet argent avait déjà été transféré par le gouvernement à la FOMI et que l’engrais puisse bientôt arriver aux agriculteurs », explique Vianney Ndayisaba.

L’organisation souhaite ainsi savoir si les montants payés par les citoyens ont effectivement été transférés à l’entreprise ou s’ils sont restés dans les caisses de l’État. Elle estime que les explications données jusqu’ici ne permettent pas de comprendre clairement la situation.

Le mécanisme de financement constitue également une source de préoccupation pour l’ALUCHOTO. Selon Vianney Ndayisaba, le citoyen prend en charge 30 % du prix du sac d’engrais, tandis que l’État finance les 70 % restants.

« Quelle déclaration avons-nous vue disant que les 70 % pris en charge par l’État ont eux aussi été reversés dans les caisses de l’État ? », s’interroge-t-il.

Pour le coordinateur de l’organisation, si la part payée par le citoyen est remboursée, il convient également de clarifier le sort de la contribution de l’État. Il demande donc aux autorités de préciser les modalités de ce remboursement et de rendre compte de la destination des fonds concernés.

Il évoque notamment le budget consacré à l’achat d’engrais, qui aurait été examiné en Conseil des ministres avant d’être approuvé par l’Assemblée nationale et le Sénat. L’ALUCHOTO souhaite comprendre les conséquences de la décision de remboursement sur les sommes prévues dans ce cadre.

Qu’en est-il des commandes payées depuis 2023 ?

L’autre préoccupation concerne les agriculteurs qui avaient payé leur engrais au cours des années précédentes sans jamais recevoir leur commande.

« Qu’en est-il alors de l’argent versé depuis 2023, 2024 et 2025 ? », s’interroge Vianney Ndayisaba.

Selon lui, certains citoyens ont déjà saisi l’ALUCHOTO pour demander des éclaircissements sur leur situation. L’organisation affirme toutefois que, d’après les informations dont elle dispose, seuls les paiements effectués en 2026 seraient concernés par le remboursement annoncé.

Cette situation soulève une question supplémentaire : quel sort sera réservé aux agriculteurs qui ont payé leur engrais les années précédentes et qui attendent toujours leur livraison ou le remboursement de leur argent ?

Face à ces préoccupations, l’ALUCHOTO appelle les responsables publics à apporter des clarifications sur les sommes versées, les modalités de remboursement et les commandes encore en attente. L’organisation demande également aux représentants du peuple de se saisir de la question afin que les intérêts des agriculteurs soient pris en compte, particulièrement à l’approche de la saison des pluies.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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