Dans la zone humide de Lalu, à Lhasa, le professeur Zhang Jifeng et son équipe utilisent des technologies de pointe pour étudier et protéger un écosystème fragile situé à plus de 3 600 mètres d’altitude. Entre recherche scientifique, préservation écologique et défis du terrain, le scientifique consacre sa carrière à percer les mystères des zones humides du plateau Qinghai-Xizang.
Le 23 mai de cette année marque le 75e anniversaire de la libération pacifique du Xizang. Au fil des décennies, cette vaste région du haut plateau chinois a connu de profondes transformations. Des générations de personnes venues d’horizons divers s’y sont installées, contribuant chacune, à leur manière, au développement et à la préservation de cette terre unique.
Dans le cadre de sa série de portraits, CGTN Français part aujourd’hui à la rencontre du professeur Zhang Jifeng, un scientifique engagé dans l’étude et la protection des zones humides d’altitude.
Dans la partie nord-ouest de la ville de Lhasa, le relief devient plus plat. Le fleuve Lhasa y ralentit son cours et, alimenté par les eaux issues de la fonte des neiges des montagnes environnantes, forme un vaste espace naturel de 1 220 hectares : la zone humide de Lalu, la plus grande zone humide urbaine de Chine.
Située à une altitude moyenne de 3 645 mètres, cette zone humide typique des hauts plateaux est souvent surnommée « les poumons de Lhasa ». Ses plantes aquatiques luxuriantes attirent des centaines d’espèces d’oiseaux, tandis que son écosystème unique suscite un intérêt croissant auprès des chercheurs scientifiques.
Observer et comprendre un écosystème fragile
Depuis plusieurs années, le professeur Zhang Jifeng et son équipe y mènent des recherches approfondies afin de mieux comprendre l’évolution de cet environnement fragile. Leur objectif : établir un portrait numérique complet de l’écosystème alpin.
« Nous réalisons régulièrement des enquêtes sur l’état de santé de l’environnement aquatique des zones humides. Les prélèvements effectués sur place par mes étudiants permettent de mesurer la température de l’eau, l’oxygène dissous, la chlorophylle et d’autres paramètres », explique le chercheur.
Les analyses les plus complexes sont ensuite réalisées en laboratoire. Dans les échantillons prélevés dans la partie ouest de la zone humide de Lalu, certaines espèces d’algues jouent un rôle d’indicateur naturel : leur présence témoigne d’une eau propre et d’un environnement sain.
Pour suivre l’évolution de la zone humide, l’équipe scientifique s’appuie également sur des équipements de haute technologie. La station d’observation de Lalu enregistre en continu les changements environnementaux de la région.
Certains appareils permettent notamment de mesurer les émissions de gaz à effet de serre et d’étudier le cycle du carbone dans les zones humides. Des caméras infrarouges, installées sur le terrain, photographient automatiquement les animaux sauvages afin de mieux suivre la biodiversité locale.
Ces données sont intégrées à « l’Œil du Yarlung Zangbo », une plateforme de surveillance de la sécurité écologique du bassin du fleuve Yarlung Zangbo. À mesure que de nouvelles stations d’observation sont installées, ce réseau scientifique élargit progressivement son champ de surveillance sur l’ensemble du plateau.
Un patrimoine écologique précieux
La zone humide de Lalu abrite de nombreuses espèces caractéristiques des zones humides d’altitude. Pour les chercheurs, elle constitue une véritable réserve génétique naturelle et joue un rôle essentiel dans les efforts de restauration écologique du plateau Qinghai-Xizang.
« Le plateau Qinghai-Xizang représente une importante barrière écologique pour notre pays. Les conditions de recherche scientifique s’améliorent progressivement et nous espérons que davantage de jeunes talents viendront y mener leurs recherches à l’avenir », souligne Zhang Jifeng.
Le scientifique se souvient toutefois des difficultés rencontrées lors de ses premières missions sur le plateau.
« Les infrastructures routières se sont énormément améliorées. Je me rappelle qu’en 2010, lorsque nous sommes partis étudier un lac dans le nord du Xizang, nous avons passé cinq jours entiers sur la route, mangeant et dormant dans la voiture. Les roues s’enlisaient souvent dans la boue et nous devions creuser puis pousser le véhicule pour continuer notre chemin. »
Aujourd’hui encore, malgré les progrès réalisés, les recherches sur le plateau restent exigeantes. Mais pour Zhang Jifeng et son équipe, la mission demeure essentielle.
Riche en ressources hydriques, le plateau Qinghai-Xizang est souvent qualifié de « château d’eau de l’Asie ». Jour après jour, les chercheurs poursuivent leurs travaux afin de mieux comprendre les secrets écologiques des zones humides d’altitude et de contribuer à leur préservation pour les générations futures.
























