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Cinq partis politiques de l’opposition boycottent toutes les rencontres organisées par la CENI pour les présidentielles de 2027

Les cinq partis de l’opposition jugent que la CENI est incompétente pour organiser des élections présidentielles crédibles et transparentes prévues en 2027, alors que cette commission dévoile déjà le calendrier électoral.

Il s’agit des partis UPRONA, FRODEBU, CNL, CDP et CODEBU. Ces partis accusent la Commission électorale nationale indépendante CENI de ne pas être en mesure d’organiser des élections crédibles et transparentes compte tenu des irrégularités qui ont caractérisé les élections législatives et communales de 2025, ont indiqué ces partis dans un communiqué de presse ce vendredi.
« Au lendemain des élections législatives et communales de 2025, nous avons introduit des recours auprès des instances habilitées, y compris le Président de la République, dénonçant des manquements graves qui ont entaché la crédibilité du scrutin », dit le communiqué.
« Le manque de réponse appropriée à ces recours laisse subsister de sérieuses préoccupations quant à la crédibilité des institutions électorales », poursuit-il.

D’après toujours ces partis, la commission ne peut pas organiser les élections au vu de sa composition actuelle.
« La CENI actuelle, dans sa composition et son comportement, n’est pas en mesure d’organiser des élections répondant aux standards requis de transparence et d’équité », poursuit toujours le même communiqué.
Ensuite, ces cinq partis politiques de l’opposition plaident pour un dialogue inclusif afin d’avoir confiance en cette commission.
« Il est prématuré et inopportun de poursuivre les préparatifs des prochaines échéances électorales sans qu’un dialogue politique inclusif ne soit engagé », lit-on dans ce communiqué.
« Un tel dialogue apparaît indispensable pour tirer les leçons du passé, restaurer la confiance entre les acteurs politiques et garantir des conditions propices à des élections libres, transparentes et apaisées », selon toujours les responsables de ces partis.

Suite à l’absence de ce dialogue, ces partis disent avoir décidé de ne plus participer aux échanges de préparation de ces élections organisés par la CENI.
« Les partis signataires du présent communiqué jugent inopportun de participer aux rencontres d’échanges relatives aux préparatifs de l’élection présidentielle de 2027 organisées par la CENI. Et nous tenons à clarifier notre position et réaffirmer notre engagement en faveur d’un processus démocratique inclusif, transparent et crédible », précisent ces partis.
Ils regrettent que les irrégularités qu’ils ont soulevées lors des élections de 2025 n’aient jamais été prises en considération par la CENI.
« Nous constatons avec regret que la Commission électorale nationale indépendante continue ses activités comme si les insuffisances relevées lors des précédents scrutins n’avaient jamais existé. »
« Une telle posture est de nature à compromettre davantage la crédibilité du processus électoral en cours et à venir », conclut le communiqué.

Ces partis politiques de l’opposition demandent au président de la République d’agir.
« Nous appelons le Président de la République, garant des principes démocratiques et du bon fonctionnement des institutions, afin qu’il prenne les initiatives nécessaires pour favoriser l’ouverture d’un dialogue politique inclusif permettant l’examen des irrégularités constatées lors des élections de 2025, la garantie d’un traitement approprié des recours introduits, la réforme du cadre institutionnel et légal du processus électoral, la restauration de la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans le système électoral burundais », ajoutent les responsables de ces partis.

Au moment où ces partis rendaint publique ce communiqué, la CENI tenait une réunion d’échanges avec ses partenaires électoraux, y compris des leaders des partis politiques.
Réagissant sur des critiques déjà faites sur les précédentes élections de 2025, le président de la commission Prosper Ntahorwamiye est revenu sur ces critiques.
« Toutes les critiques, quelles qu’elles soient, sont faites parce que ces élections ont eu lieu », a t-il indique.
Avant d’ajouter :
« On se permet de critiquer ce que nous critiquons comme quoi les élections ont été mal organisées puisqu’elles ont pu avoir lieu. Je ne sais pas si elles étaient parfaites à 100 %, mais peu importe comment elles étaient organisées, laissez-nous alors continuer à organiser les prochaines élections. C’est vrai que tout n’est pas rose, mais moi, je considère la démocratie comme un nouveau-né, mais malgré toutes les étapes finit par grandir petit à petit », a-t-il martélé.

Le Président de la République Evariste Ndayishimiye rassure ces partis politiques : «J’ai reçu le message des cinq partis politiques agréés.
Nous comprenons qu’il y a des personnes qui vivent les élections avec inquiétude ; celles-là ont besoin d’un dialogue rassurant de la part d’un parent.
Je tiens à les rassurer en tant que père de tous les Burundais. D’ailleurs, après avoir terminé mes tournées dans toutes les provinces pour encourager la population, je les rencontrerai également très prochainement. », lit-on sur son compte X.

Selon la CENI, le jour du scrutin est fixé au 3 mai 2027, alors que la prestation de serment du nouveau président élu est prévue le 18 juin 2027, selon le calendrier electoral.

Pour rappel, en juin 2025, le Burundi a organisé des élections législatives et des conseils communaux. Les résultats issus de ce double scrutin ont été dénoncés par des partis de l’opposition et des candidats indépendants, bien que certains observateurs internationaux aient validé ces résultats, malgré quelques manquements relevés.
Au cours de ces elections, le parti au pouvoir CNDD-FDD a remporté la totalité des sièges au parlement et aux conseils communaux.

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