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Kayanza : les commerçants craignent des pertes après le retrait des boissons alcoolisées interdites

Après l’interdiction des boissons alcoolisées « Ubusarabwayi » et « Bangara » dans la province de Kayanza, les commerçants demandent aux autorités de prolonger le délai de retrait des produits concernés. Ils craignent des pertes financières importantes et estiment que les boissons commercialisées disposaient pourtant des autorisations délivrées par le Bureau Burundais de Normalisation et de Contrôle de la Qualité (BBN).

Les commerçants de la province de Kayanza vivent des jours d’inquiétude depuis l’interdiction des boissons alcoolisées connues sous les noms de « Ubusarabwayi » et « Bangara ». Derrière les bouteilles retirées des étagères, ce sont surtout des pertes financières, des dettes et des incertitudes qui préoccupent aujourd’hui plusieurs vendeurs de la province. Ils demandent aux autorités de revoir le délai accordé pour retirer ces produits du marché et appellent le Bureau Burundais de Normalisation et de Contrôle de la Qualité (BBN) à renforcer le contrôle des produits autorisés à la commercialisation.

Cette inquiétude a été exprimée jeudi 21 mai 2026 par Nduwimana Sylvestre, président des commerçants de la région de Kayanza. Selon lui, beaucoup de vendeurs ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent aujourd’hui sanctionnés alors qu’ils vendaient des boissons portant pourtant les étiquettes et autorisations délivrées par le BBN.

« Lors des contrôles, nous constatons que les produits disposent des étiquettes du BBN, ce qui montre qu’ils étaient considérés comme conformes aux exigences », explique-t-il. Pour lui, les commerçants ont agi de bonne foi et il revient désormais au Bureau Burundais de Normalisation et de Contrôle de la Qualité de renforcer le suivi afin de vérifier que les produits vendus sur le marché correspondent réellement à ceux autorisés.

Mais au-delà de la question du contrôle, c’est surtout la peur de perdre de l’argent qui domine chez plusieurs commerçants. Le délai de deux semaines accordé pour retirer les boissons est jugé trop court. Certains ont acheté d’importants stocks à crédit, d’autres ont déjà payé leurs fournisseurs et ignorent encore comment ils seront remboursés.

« La tâche est difficile pour celui qui a déjà reçu l’argent mais à qui l’on demande maintenant de rembourser », déplore Nduwimana Sylvestre. Il demande aux autorités de laisser davantage de temps afin que commerçants et fournisseurs puissent discuter des modalités de retour des produits ou d’éventuelles compensations.

Du côté de l’administration locale, Niyonizigiye Godefroid affirme comprendre les inquiétudes des commerçants. Il assure que l’objectif n’est pas de les ruiner, mais rappelle que la priorité reste la protection de la population. Selon lui, commerçants et fournisseurs doivent désormais s’organiser pour renvoyer les boissons interdites vers leurs lieux de provenance, en attendant les orientations définitives du gouvernement.

Au-delà de la mesure d’interdiction, cette situation soulève de nombreuses questions sur le contrôle des produits commercialisés au Burundi et sur la responsabilité des institutions chargées de garantir leur conformité avant leur mise sur le marché.

 

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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