À l’occasion du 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains, la ministre burundaise de la Communication et des Médias, Evelyne Butoyi, a plaidé pour un approfondissement de la coopération avec la Chine dans les technologies de l’information et de la communication, la modernisation des équipements médiatiques et la gestion des nouveaux défis liés à l’intelligence artificielle. Dans un entretien accordé à CGTN, elle a également appelé les Chinois à découvrir le Burundi et ses nombreuses potentialités.
La coopération entre le Burundi et la Chine dans le domaine des médias pourrait connaître de nouvelles avancées, notamment à travers le partage d’expériences et le renforcement des capacités technologiques. C’est l’une des principales attentes exprimées par la ministre burundaise de la Communication et des Médias, Evelyne Butoyi, lors d’un entretien accordé à CGTN en marge du 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains.
Pour la ministre, l’échange d’expériences constitue une priorité. Il concerne notamment les technologies de l’information et de la communication, mais aussi les équipements destinés à moderniser les studios, la production et la diffusion de l’information.
« Les pistes, c’est toujours l’échange d’expériences », a souligné Evelyne Butoyi, mettant en avant l’intérêt du Burundi pour l’expertise chinoise dans le secteur médiatique et technologique.
L’intelligence artificielle, nouveau défi pour les médias
Au-delà des équipements, la ministre a insisté sur un autre enjeu qui bouleverse aujourd’hui le paysage médiatique mondial : l’intelligence artificielle.
La multiplication des contenus générés ou transformés grâce aux nouvelles technologies rend, selon elle, plus difficile la distinction entre information authentique et contenu artificiellement construit.
« Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, des fois on est confus pour différencier la vraie information et l’information bien montée de toutes pièces », a-t-elle déclaré.
Dans ce contexte, Evelyne Butoyi estime que l’expérience chinoise pourrait servir de source d’inspiration au Burundi, notamment en matière de gestion de ces nouvelles situations, de législation et de formation.
Cette question intervient alors que les médias africains sont confrontés à la nécessité d’adapter leurs pratiques aux mutations technologiques, tout en préservant la fiabilité et la crédibilité de l’information.
Interrogée sur l’état actuel de la coopération médiatique entre la Chine et le Burundi, la ministre a estimé que la Chine demeure un partenaire important pour accompagner le secteur de la communication et des médias.
Elle a également replacé cette coopération dans le cadre plus large des relations bilatérales entre les deux pays, qu’elle décrit comme reposant sur le « respect mutuel », l’estime et la recherche de relations « gagnant-gagnant ».
L’année 2026, consacrée aux échanges humains et culturels sino-africains, constitue ainsi, selon elle, une occasion supplémentaire de renforcer les liens entre les peuples.
Faire connaître l’Afrique avant même de raconter son histoire
Pour Evelyne Butoyi, une meilleure compréhension de l’Afrique passe d’abord par la découverte du continent dans toute sa diversité.
Plutôt que de se limiter à raconter l’histoire africaine, elle invite à découvrir les réalités contemporaines du continent, sa richesse et sa diversité culturelle.
« Il faut découvrir l’Afrique. Il faut découvrir sa richesse. Il faut découvrir son hospitalité légendaire », a-t-elle affirmé, citant également l’art culinaire, la beauté des paysages et le potentiel touristique.
Le Burundi occupe une place particulière dans cet appel à la découverte. La ministre souhaite notamment promouvoir le tourisme burundais auprès du public chinois.
Le tambour burundais, symbole culturel et outil de rapprochement
Parmi les éléments susceptibles de contribuer à une meilleure compréhension entre les peuples burundais et chinois, Evelyne Butoyi met en avant le tambour burundais.
Symbole majeur de l’identité culturelle du Burundi, le tambour occupe une place particulière dans l’histoire et les traditions du pays. La ministre le décrit comme un élément à la fois « historique, charmant, énergétique », mais aussi comme un patrimoine culturel reconnu au niveau international.
Elle rappelle également sa dimension sacrée et symbolique, le tambour étant historiquement associé au pouvoir au Burundi.
À travers ce patrimoine, le pays entend ainsi mettre en avant une expression culturelle susceptible de favoriser le dialogue et la compréhension entre les peuples.
Au terme de son entretien, Evelyne Butoyi a adressé un message de reconnaissance au public chinois pour l’accueil réservé à la délégation burundaise.
Mais son message était également une invitation : celle de venir découvrir le Burundi.
La ministre encourage les touristes chinois à visiter le pays et invite les investisseurs à s’intéresser à ses opportunités.
Elle a notamment évoqué les potentialités touristiques, culturelles et minières du Burundi, autant de secteurs qu’elle considère comme susceptibles de contribuer au renforcement des relations entre les deux pays.
À travers cette vision, la coopération sino-burundaise ne se limite donc pas au secteur des médias. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de multiplier les échanges, de partager les expériences et de mieux faire connaître le Burundi auprès du public chinois.

























