Dépendante à près de 98 % du bois et du charbon, la population burundaise subit de plein fouet la hausse des prix. Pour la PARCEM, cette crise est le symptôme d’un manque de vision stratégique dans le secteur énergétique.
L’organisation Parole et Action pour le Réveil et l’Évolution des Mentalités (PARCEM) tire la sonnette d’alarme face à la flambée des prix du charbon au Burundi. Selon lui, cette situation, liée à la raréfaction de cette ressource, révèle surtout un manque criant de vision stratégique dans le secteur de l’énergie.
Dans son analyse, il souligne que le Burundi ne s’est jamais doté d’une politique énergétique claire capable de projeter le pays à moyen et long terme. « Il n’existe pas de stratégie permettant d’anticiper les besoins énergétiques dans cinq ou dix ans », déplore-t-il. Une lacune qui, selon lui, compromet sérieusement les ambitions de développement économique.
Le constat est d’autant plus préoccupant que près de 98 % de la population burundaise dépend du bois de chauffage et du charbon pour la cuisson et le chauffage. Cette dépendance massive entraîne une pression accrue sur les ressources forestières, principale source de production du charbon.
Le directeur de la PARCEM met également en avant plusieurs facteurs aggravants, notamment la pression démographique et l’extension des terres agricoles, qui accélèrent la déforestation. À cela s’ajoute l’usage intensif du bois dans les ménages, contribuant à la surexploitation des ressources naturelles.
S’agissant des politiques publiques, il regrette le manque de moyens consacrés au reboisement. « Il n’y a ni fonds suffisants ni projets structurés pour soutenir cette politique », affirme-t-il. Pourtant, le reboisement constitue un levier essentiel pour faire face aux défis climatiques et préserver l’environnement. Il rappelle qu’autrefois, des initiatives comme la journée nationale de l’arbre permettaient de mobiliser la population autour de ces enjeux.
Par ailleurs, les alternatives énergétiques restent peu développées. Bien que le Plan national de développement 2018-2027 ait prévu l’utilisation de la tourbe carbonisée et des briquettes combustibles, leur mise en œuvre demeure limitée. L’usage du gaz, largement répandu dans d’autres pays, reste quant à lui inaccessible pour une grande partie de la population en raison du coût élevé des équipements et de l’absence de mesures d’accompagnement.
La crise actuelle du carburant vient aggraver la situation. Elle perturbe le transport du charbon et complique l’approvisionnement des centres urbains, contribuant ainsi à la hausse des prix. « Les transporteurs ne parviennent plus à assurer correctement le ravitaillement », note-t-il.
Face à cette situation, le directeur national de la PARCEM appelle à une prise de conscience urgente. Pour lui, sans une stratégie énergétique cohérente et des investissements dans des solutions alternatives, le Burundi risque de voir cette crise s’aggraver davantage.
« On ne peut pas prétendre devenir un pays émergent sans une politique énergétique solide », conclut-il.
























