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Des agriculteurs plaident pour des études des sols

Au Burundi, des agriculteurs veulent mieux comprendre la terre qu’ils cultivent. Réunis à Bujumbura à l’occasion du 11ᵉ Forum africain sur l’agribusiness, ils plaident pour un accès accru aux analyses des sols et au renforcement de la recherche agronomique. Selon eux, connaître la composition et les caractéristiques des terres permettrait de choisir les cultures les mieux adaptées, d’améliorer les rendements et de réduire les pertes de production.

Des agriculteurs burundais qui ont répondu présents au 11ᵉ Forum africain sur l’agribusiness, tenu à Bujumbura, au Burundi, du 3 au 7 août 2026, appellent à renforcer la recherche sur les sols afin de mieux orienter le choix des cultures et d’améliorer les rendements agricoles. Ils estiment qu’une meilleure connaissance des caractéristiques des terres permettrait d’éviter les pertes de production et d’optimiser les investissements dans le secteur agricole.

 

Donate Nizeyimana, agricultrice et commerçante de différentes cultures, notamment d’avocatiers, de papayers et d’autres plantes, à Mugwi, dans la commune de Cibitoke, province de Bujumbura, souligne que l’agriculture burundaise souffre encore d’un manque de recherche sur l’adéquation entre les types de sols et les cultures qui y sont les mieux adaptées. Selon elle, de nombreux producteurs continuent de cultiver sans disposer d’informations scientifiques sur les caractéristiques de leurs terres.

 

« Nous sommes encore très loin. Nous pensons souvent qu’une culture est uniquement adaptée à la haute altitude ou à la plaine, alors qu’une même plante peut s’adapter à différents milieux si les caractéristiques du sol lui sont favorables », explique-t-elle.

 

Pour sa part, Juvenal Ndayikeza, producteur et commerçant de fruits de la passion (marakuja) à Mpanda, dans la commune de Bubanza, également dans la province de Bujumbura, affirme avoir découvert, à travers son expérience, les conditions favorables à cette culture. Il explique que les marakujas ne s’adaptent pas à tous les sols.

 

« Ils poussent mieux sur un sol qui ne s’assèche pas rapidement et dans un climat froid. Cette connaissance, je la dois à mon mentor, celui qui m’a initié à la culture des marakujas », précise-t-il.

 

Ramazani Nyandwi, responsable du département de recherche au Centre d’excellence sous-régional en sciences de la nutrition (EANSI) de l’Université du Burundi, regrette que de nombreux agriculteurs ignorent encore qu’il est possible de faire analyser les sols au Burundi. Il estime que les producteurs sont encore loin d’exploiter pleinement ce potentiel.

 

« Je dirais que c’est la faute des agriculteurs, mais ce n’est pas entièrement de leur faute, car ils ne sont pas informés de l’existence de ce service au Burundi. Aujourd’hui, qu’ils le sachent : à l’EANSI, nous avons des experts et des laboratoires capables d’analyser les sols. Il suffit qu’ils viennent pour s’entendre sur les procédures à suivre », explique-t-il.

 

Selon lui, l’analyse des sols est indispensable, car elle permet non seulement d’améliorer les rendements agricoles et la qualité des récoltes, mais aussi d’orienter les producteurs vers les cultures les mieux adaptées à leurs terres.

 

Les résultats d’une étude menée en 2022 par l’Institut des sciences agronomiques du Burundi (ISABU) montrent que 73 % des sols du pays présentent une forte acidité, un facteur qui limite considérablement la productivité agricole. Dès les années 1960, l’ISABU avait réalisé une étude pédologique dans la province de Muramvya afin d’identifier les zones les plus propices à la culture du thé.

 

Face à ce constat, les agriculteurs plaident pour un accès élargi aux services d’analyse des sols et pour le renforcement de la recherche agronomique, afin de favoriser une agriculture plus productive, durable et adaptée aux réalités des différentes régions du Burundi.

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