Des habitants du quartier Rusizi, en zone Gatumba, dans la commune de Ntahangwa en province de Bujumbura, vivent dans des conditions sanitaires précaires après l’inondation de leurs habitations. Privés de latrines et contraints de se reloger dans des espaces inadaptés, ils craignent la propagation de maladies. Alors qu’ils plaident pour la construction d’une digue sur la rivière Rusizi, les autorités locales les appellent plutôt à quitter cette zone jugée à haut risque.
Sur place, en amont comme en aval de la route nationale 4 , le constat est frappant : plusieurs habitations sont submergées par les eaux de la rivière Rusizi et du lac Tanganyika. Ce phénomène, récurrent dans la zone, s’est de nouveau produit il y a environ un mois. De nombreux habitants ont été contraints d’abandonner leurs maisons et vivent désormais dans des locaux initialement destinés au commerce, dépourvus de conditions sanitaires de base.
Dans ces circonstances, l’absence de latrines complique fortement le quotidien. « Faire l’hygiène n’est pas aisé, surtout en ce qui concerne les lieux d’aisance. Les latrines ont été emportées, nous faisons la grande commission dans des pots, puis nous déversons le tout dans l’eau », témoigne Alida Buhire, une habitante d’une trentaine d’années. Une situation qui alimente les inquiétudes sanitaires. « Les maladies ne peuvent pas manquer, étant donné que nous utilisons tous un même pot », ajoute Asman Hicintuka.
Malgré ces difficultés, les sinistrés affirment faire de leur mieux pour maintenir un minimum d’hygiène. « Nous nous organisons pour nous laver et entretenir nos vêtements, même si nous n’avons pas de lieux appropriés. Souvent, nous nous lavons la nuit », explique Olive Niyonkuru, une sexagénaire. Les habitants disent également éviter l’eau impropre en achetant de l’eau potable, dont le prix d’un bidon de 20 litres varie entre 500 et 1 000 francs.
Face à cette situation, plusieurs résidents estiment qu’une solution durable passerait par la construction d’une digue sur la rivière Rusizi. « Qu’une digue soit construite pour que nous ayons enfin la paix dans nos ménages. Allons-nous toujours être obligés de déménager à chaque fois ? », plaide Olive Niyonkuru.
De leur côté, les autorités locales privilégient une autre approche. L’administrateur de la commune Ntahangwa, Alexis Havyarimana, appelle les habitants à quitter cette localité, qu’il considère comme une zone inondable et difficile à habiter. Concernant la construction d’une digue, il estime que ce projet dépasse les capacités de la commune et relève plutôt du ministère en charge des infrastructures.
L’ampleur des inondations reste préoccupante. Du pont sur la rivière Rusizi, du poteau 1 au poteau 27 du quartier Rusizi, toute la zone est envahie par les eaux. Une partie de la localité de Kinyinya, située de l’autre côté du pont, est également touchée.
Cette situation intervient dans un contexte sanitaire déjà fragile. Au début du mois d’avril, la ministre en charge de la Santé publique a annoncé l’enregistrement de 38 nouveaux cas de choléra, dont la majorité en commune Ntahangwa, renforçant les craintes d’une aggravation des risques sanitaires dans la zone.
























