Le Burundi accueille, du 29 au 30 juillet à Bujumbura, la Semaine de la diaspora panafricaine. Placée sous le thème « Dialogue avec la diaspora panafricaine sur le développement et la transformation de l’Afrique », cette rencontre réunit des représentants de plusieurs pays autour d’une même ambition : faire de la diaspora un acteur majeur du développement économique et de l’intégration du continent.
La Semaine de la diaspora panafricaine, souvent présentée comme la « sixième région de l’Afrique », a été officiellement lancée ce mercredi à Bujumbura. Pendant deux jours, responsables politiques, représentants de la diaspora et partenaires institutionnels échangent sur les moyens de mieux mobiliser les compétences, les investissements et les ressources financières des Africains vivant à l’étranger au service du développement du continent.
Cette initiative intervient dans un contexte où les transferts de fonds de la diaspora représentent une source importante de financement pour de nombreux pays africains. Selon les données de la Banque africaine de développement (BAD), la diaspora burundaise a transféré 267 millions de dollars vers le Burundi en 2024. À l’échelle continentale, les transferts de la diaspora panafricaine atteignent près de 100 milliards de dollars, selon les estimations citées lors de la rencontre.
Pourtant, les responsables africains estiment que ce potentiel reste largement sous-exploité. Les données de la Commission de l’Union africaine indiquent qu’à peine 20 % de ces transferts sont aujourd’hui orientés vers l’épargne et l’investissement productif, le reste étant principalement consacré à la consommation des ménages.
C’est dans cette perspective que le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, a initié ce dialogue continental. Son objectif est de réfléchir, avec les représentants de la diaspora, aux mécanismes permettant de transformer ces importants flux financiers en véritables leviers de développement durable pour l’Afrique.
Plusieurs délégations venues du Burundi, du Burkina Faso, des Comores, de l’Éthiopie, de l’Égypte, du Mali, de la Guinée, du Malawi, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis prennent part à ces assises.
Au-delà des transferts financiers, les discussions portent également sur la valorisation du capital humain et intellectuel de la diaspora. Les participants sont invités à renforcer leur engagement dans la mise en œuvre du Plan stratégique de l’Union africaine 2024-2028-2033, de l’Agenda 2063 ainsi que des ambitions du Burundi de devenir un pays émergent en 2040 et un pays développé en 2060.
Représentant le chef de l’État à l’ouverture des travaux, le Premier ministre Nestor Ntahontuye a appelé la diaspora panafricaine à renforcer son organisation et son unité afin de contribuer davantage au développement du continent. Il a également souligné l’importance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), considérée par le Burundi comme un levier stratégique pour favoriser l’intégration économique de la diaspora et stimuler les investissements à l’échelle africaine.
À travers cette rencontre, le Burundi entend ainsi placer la diaspora au cœur de la transformation économique du continent, en passant d’une logique de transferts familiaux à une dynamique d’investissements créateurs de richesse, d’emplois et d’innovation.

























