À Gatumba, les organisations Action et Humanisme et la Clinique Juridique Safelaw ont réuni des dizaines de familles ce lundi 6 juillet 2026 autour d’un message simple mais essentiel : enregistrer un enfant dès sa naissance, c’est lui garantir ses droits. Organisée au centre de santé de Gatumba sous le thème « Enregistrer son enfant, c’est préparer son avenir », cette séance de sensibilisation a permis d’aborder l’importance de l’enregistrement des naissances, la protection des droits des enfants et la lutte contre les violences basées sur le genre.

Dans son mot d’accueil, Evariste Bukeyeneza,Président et Représentant légal de l’organisation Action et Humanisme a souhaité la bienvenue aux participants avant de remercier BurundiKids Suiss, partenaire qui accompagne régulièrement les actions de l’organisation Action et Humanisme.
Pour la Dre Joyeuse, Directrice Executive au sein de la Clinique Juridique Safelaw, les chiffres montrent qu’il reste encore beaucoup à faire. Elle a indiqué que 84 % des enfants sont enregistrés dans les registres de l’état civil, mais qu’environ 66 % ne disposent toujours pas d’un acte de naissance, pourtant indispensable pour faire valoir leurs droits.

Au-delà des statistiques, les conséquences se vivent au quotidien. Gamaliel Niyonkunda, chargé de la communication à la Clinique Juridique Safelaw, explique que de nombreuses familles vivent en union libre, ce qui complique souvent l’enregistrement des enfants à l’état civil. Sans acte de naissance, ces derniers risquent de se retrouver sans nationalité, d’être exclus de certains services publics et de ne pas être pris en compte dans les politiques de développement.
Cette réalité est également observée dans les structures de santé. Marie Ndayizeye, infirmière au sein d’Action et Humanisme, affirme que plusieurs enfants rencontrent des difficultés lorsqu’ils arrivent dans un centre de soins sans documents d’identité.

« Cette situation nous touche profondément. Nous encourageons les parents à enregistrer leurs enfants dès la naissance et nous les sensibilisons également à l’importance de légaliser leur mariage afin de mieux protéger leurs enfants. »
Les échanges ont également été marqués par des témoignages de parents venus partager leur vécu. À la fin du sketch présenté au centre de santé de Gatumba, Antoinette Ndabarushimana a pris la parole pour raconter l’épreuve qui a bouleversé sa famille. Son enfant a été victime d’un viol et, malgré l’ouverture d’un dossier judiciaire à Kabezi, son mari a refusé de poursuivre les démarches.
« Mon enfant a été victime de viol. Le dossier avait déjà été introduit à Kabezi, mais mon mari, influencé par de mauvaises fréquentations, n’a pas voulu poursuivre les démarches alors qu’il en avait les moyens. Grâce aux campagnes de sensibilisation d’Action et Humanisme, nous avons finalement compris l’importance de nous unir et de mettre en place une épargne familiale afin de mieux faire face à nos besoins. »
Son témoignage illustre les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles, mais aussi l’impact des actions de sensibilisation. Aujourd’hui, explique-t-elle, les groupes d’épargne soutenus par Action et Humanisme permettent à plusieurs femmes de développer de petites activités génératrices de revenus.
« Lorsqu’un mari apporte, par exemple, 10 000 francs burundais, une femme membre peut obtenir un prêt complémentaire pour acheter du savon, de l’huile ou d’autres produits afin de développer une petite activité. »
À l’issue de la rencontre, des équipes composées de psychologues et d’avocats se sont réparties afin d’assurer des séances d’écoute et d’accompagnement. Ces permanences étaient destinées aux personnes ayant besoin d’un soutien psychologique ou d’une assistance juridique, prolongeant ainsi la sensibilisation par une prise en charge adaptée aux situations individuelles.























