Lorsqu’un patient burundais achète un antibiotique générique ou qu’un éleveur fait vacciner son bétail, il est possible que le produit utilisé provienne du Maroc. Encore peu visible pour le grand public, la présence des médicaments marocains sur le marché burundais s’est renforcée ces dernières années, dans le sillage de l’expansion de l’industrie pharmaceutique marocaine en Afrique.
Le Maroc figure parmi les principaux producteurs de médicaments du continent africain. Son industrie pharmaceutique couvre plus de 80 % des besoins du marché intérieur grâce à un réseau d’une cinquantaine d’unités de production réparties à travers le pays.
Au-delà de la satisfaction de la demande locale, le secteur s’est progressivement tourné vers l’exportation. Entre 2021 et 2025, les exportations marocaines de médicaments ont connu une progression significative. En 2025, les médicaments fabriqués localement représentaient près de 80 % des exportations du secteur, traduisant une montée en puissance de la production nationale.
Si l’Europe demeure la principale destination des exportations pharmaceutiques marocaines, les marchés africains occupent une place de plus en plus importante. Les entreprises marocaines exportent notamment des médicaments génériques, des vaccins vétérinaires et divers produits de santé vers plusieurs pays du continent.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où de nombreux États africains cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement médical et à renforcer leur sécurité sanitaire après les perturbations observées pendant la pandémie de Covid-19.
Une présence encore modeste mais croissante au Burundi
Le Burundi fait partie des pays qui importent des produits pharmaceutiques marocains. Selon les données commerciales disponibles, les exportations et réexportations de médicaments marocains vers le Burundi ont atteint environ 2,7 millions de dollars entre 2021 et 2025.
L’année 2025 a marqué une évolution notable avec l’apparition de vaccins vétérinaires parmi les produits exportés. Cette diversification concerne un secteur important pour l’économie burundaise, où l’élevage constitue une source essentielle de revenus pour de nombreux ménages.
L’industrie pharmaceutique marocaine cherche désormais à se positionner sur des segments à plus forte valeur ajoutée, notamment les produits biologiques et les vaccins.
Parmi les projets les plus ambitieux figure Marbio, un complexe biotechnologique destiné à produire des vaccins et d’autres produits issus des biotechnologies. Les autorités marocaines espèrent ainsi réduire la dépendance du continent aux importations extérieures tout en développant une capacité de production régionale.
Dans le secteur privé, plusieurs laboratoires poursuivent également leur expansion en Afrique. L’entreprise Pharma 5, déjà présente sur plusieurs marchés africains, a inauguré en 2023 une nouvelle unité de production destinée à accompagner cette croissance continentale.
L’essor des exportations marocaines vers des pays comme le Burundi illustre une évolution plus large : l’émergence progressive de pôles de production pharmaceutique sur le continent africain. Alors que la majorité des médicaments consommés en Afrique restent encore importés d’Europe ou d’Asie, plusieurs pays cherchent désormais à développer des capacités industrielles régionales.
Pour le Burundi, cette diversification des fournisseurs pourrait contribuer à améliorer l’accès à certains médicaments et produits vétérinaires. Pour le Maroc, elle confirme l’importance croissante de l’Afrique dans sa stratégie d’exportation pharmaceutique.

























