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Le Burundi s’achemine vers la digitalisation des marchés publics à travers la plateforme e-GP

À partir de 2027, le Burundi entend digitaliser la passation des marchés publics grâce à la plateforme e-GP. Le dispositif devrait améliorer la transparence, réduire les risques de favoritisme et faciliter l’accès des soumissionnaires aux marchés publics. Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée à plusieurs défis, dont l’accès au numérique et la sécurisation des données.

 Le Burundi s’achemine vers la digitalisation des marchés publics à travers la plateforme e-GP, une solution numérique mise en place par le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique. Son entrée en vigueur est prévue à partir de 2027.

Selon le ministre des Finances, Alain Ndikumana, qui s’exprimait lors de la troisième édition de la Semaine des marchés publics, tenue du 25 au 27 août 2026, cette nouvelle procédure devrait renforcer la transparence, accélérer les processus de passation et offrir aux soumissionnaires les mêmes possibilités d’accès aux marchés publics.

Le ministre souligne également que la plateforme permettra aux citoyens et aux soumissionnaires de mieux connaître les conditions et les procédures relatives à la passation des marchés publics.

Du côté de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), son directeur général, J. Claude Nduwimana, estime que la digitalisation pourrait contribuer à lutter contre le favoritisme et la corruption dans ce secteur.

Il précise toutefois que la réussite de cette réforme nécessitera une révision du cadre légal régissant les marchés publics.

Pour Alain Ndikumana, la réussite d’un marché public ne doit cependant pas être évaluée uniquement à travers la procédure de passation. Elle doit surtout se traduire par des résultats concrets pour la population, notamment la construction d’une route, d’une école ou d’autres infrastructures répondant aux besoins des communautés.

Cette initiative est également saluée par les organisations de la société civile. Arthemon Muntunutwiwe, secrétaire de l’Observatoire pour la lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), espère que l’utilisation de la plateforme e-GP contribuera à réduire les cas de corruption. Il estime toutefois que cet objectif dépendra de l’accès effectif des soumissionnaires au système numérique.

Pour cela, il appelle notamment à améliorer la connexion Internet, à assurer une alimentation électrique permanente à travers le pays et à mettre à la disposition de l’ARMP les équipements nécessaires.

Le directeur général de l’ARMP reconnaît ces défis et espère que les problèmes liés à l’accès à Internet et à l’électricité seront progressivement résolus grâce aux efforts de l’État et aux investissements privés.

De leur côté, les experts insistent également sur la sécurité et la souveraineté des données qui seront enregistrées sur la plateforme e-GP. Le Dr Youssef Farajallah, expert marocain, conseille aux autorités burundaises de considérer la conservation de ces données comme une question de souveraineté nationale. Il propose notamment la création d’un mégacentre national de données.

Avec son entrée en vigueur prévue en 2027, la plateforme e-GP devrait ainsi contribuer à rendre les marchés publics plus rapides, plus transparents et plus accessibles, tout en renforçant le contrôle et la confiance dans le processus de passation.

 

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