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Burundi : Faustin Ndikumana dénonce un désengagement de l’État face à la crise

Face à la montée des difficultés économiques, l’Organisation Parole et Action pour le Réveil et l’Évolution des Mentalités dénonce un manque d’implication des autorités et estime que les récentes déclarations du chef de l’État traduisent un désengagement préoccupant.

Dans un contexte marqué par de multiples difficultés économiques et sociales, le directeur national de l’Organisation Parole et Action pour le Réveil et l’Évolution des Mentalités (PARCEM), Faustin Ndikumana, s’est exprimé avec fermeté sur la situation actuelle du Burundi et le rôle des autorités publiques.

Selon lui, le pays fait face à une accumulation de crises : pénurie de produits de première nécessité, manque récurrent de carburant, inflation galopante, paupérisation croissante, départ massif des fonctionnaires, ainsi que corruption et impunité persistantes. À cela s’ajoute l’absence d’investissements directs étrangers, qui fragilise davantage l’économie nationale.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que, récemment, le président de la République a déclaré lors d’une émission publique que les Burundais devraient « se débrouiller », affirmant ne pas être parmi les premiers responsables chargés de résoudre ces problèmes. Une position que Faustin Ndikumana juge difficilement compréhensible au regard des responsabilités constitutionnelles de la fonction présidentielle.

Il rappelle que la Constitution burundaise est explicite : le gouvernement a pour mission de répondre aux aspirations du peuple, d’améliorer les conditions de vie et de garantir à chaque citoyen une existence à l’abri de la peur, de la faim et de la maladie. Dans ce cadre, le rôle du chef de l’État apparaît central.

L’économiste souligne également l’importance stratégique du carburant, élément clé du développement économique et pilier de toute politique énergétique moderne. Il estime que la demande de la population ne concerne pas une distribution gratuite, mais l’accès à une ressource essentielle au fonctionnement de l’économie.

Par ailleurs, il évoque la question des moyens financiers alloués à la présidence, dont le budget s’élèverait à 154 milliards de francs burundais. Ces ressources, issues notamment des contributions fiscales, sont censées soutenir l’action publique et répondre aux besoins de la population.

Face à cette réalité, Faustin Ndikumana s’interroge sur la cohérence entre les moyens mobilisés et les déclarations du chef de l’État. Il soulève également des doutes quant à l’existence d’un véritable projet de société porté par le parti au pouvoir.

« En démocratie, briguer la magistrature suprême implique une vision claire et un engagement ferme envers la population », souligne-t-il, ajoutant qu’un discours de désengagement pourrait être interprété comme une forme de renoncement aux responsabilités.

Dans un pays confronté à des défis structurels majeurs, cette prise de position relance le débat sur la gouvernance, la responsabilité politique et le rôle de l’État dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Journaliste reporteur , fact-checker, créateur de contenus, responsable des réseaux sociaux à la Radio Indundi Culture, et contributeur wikimedien

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