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Accusé de corruption, le BBN rejette les critiques du Parlement

Au Burundi, le Bureau burundais de normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) dément fermement les accusations de corruption portées par le président de l’Assemblée nationale, qui l’accuse de délivrer de fausses licences à des producteurs de boissons locales jugées dangereuses. En toile de fond, des inquiétudes persistantes sur la santé des consommateurs et le manque de moyens de cet organe de régulation.

Le Bureau burundais de normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) réfute les accusations de corruption formulées par le président de l’Assemblée nationale.

Alors que la chambre basse du Parlement accuse le BBN d’être corrompu et de délivrer de fausses licences aux unités de production de boissons locales, cet organe rejette en bloc ces allégations.

La population continue de décrier les conséquences liées à la consommation des boissons produites localement et emballées dans des bouteilles en plastique.

Ces effets sur la santé des consommateurs de ce type de boissons préoccupent également le Parlement.

Début avril 2026, le président de la chambre basse du Parlement a déploré que la fabrication et la consommation de ces boissons constituent actuellement une menace pour la population burundaise.
« Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que ces boissons menacent réellement ceux qui les consomment », a déclaré Daniel Gélase Ndabirabe.
« Les hommes qui consomment ces boissons n’exercent aucune autre activité. Et nul ne connaît l’avenir de ces personnes », a-t-il ajouté.

Le président de cette institution accuse surtout ce bureau de ne pas jouer son rôle de contrôle des normes pour ces produits, privilégiant plutôt ses propres intérêts.
« Les préoccupations du BBN se limitent à délivrer de fausses licences à des unités de transformation qui produisent des boissons ne respectant pas les normes requises. Il est en train de mettre en danger notre population », a-t-il affirmé.

« Le BBN agit pour ses propres intérêts. Il vaudrait mieux que ce bureau soit supprimé. Il ne vise que des commissions et de l’argent. Si la situation persiste, nous demanderons des sanctions à son encontre, y compris des peines sévères », a-t-il insisté.

De son côté, le directeur général du BBN dément ces accusations visant cet organe régulateur.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi, le directeur général du BBN, Samuel Ndayiragije, a rejeté toutes ces allégations.
« Ce que je peux vous dire, c’est que lorsque nous envoyons nos agents sur le terrain, à leur retour, nous n’avons jamais reçu de plaintes de la part des propriétaires d’unités de production affirmant que nos agents leur ont demandé des pots-de-vin pour autoriser leurs activités », a-t-il indiqué.

Toutefois, le responsable reconnaît que tout n’est pas parfait.
« Je ne peux pas garantir à 100 % le comportement de tout mon personnel, car rien n’est parfait. Mais jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune plainte », a-t-il précisé.

Le directeur général évoque également des cas d’intimidation de la part de certains propriétaires lorsque leurs produits ne respectent pas les normes après analyses du BBN.
« Lorsqu’il s’agit de certificats, certains nous intimident quand nous leur indiquons que leurs produits ne sont pas conformes. Cela arrive souvent », a-t-il ajouté.

Il déplore par ailleurs le manque de moyens logistiques, qui limite l’efficacité de ses missions.
« Nous ne disposons que d’un seul véhicule pour effectuer les descentes sur le terrain », a-t-il expliqué.

« Tant que le BBN ne disposera pas de moyens suffisants, les critiques persisteront. À cela s’ajoute la pénurie de carburant que connaît le pays », a poursuivi M. Ndayiragije.

« Ceux qui nous critiquent et nous insultent ne connaissent pas nos défis. S’ils comprenaient nos missions et les moyens dont nous disposons, ils nous soutiendraient davantage », a-t-il conclu.

Toutefois, ce n’est pas la première fois que les responsables du BBN sont accusés de corruption ou de défaillances dans l’exercice de leurs fonctions.

En mai 2025, lors des célébrations de la fête du Travail, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, avait dénoncé des cas de corruption au sein de cette institution. Quelques jours plus tard, le directeur général de l’époque, Séverin Sindayikengera, avait été remplacé.

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